Les jeudis, en alternance avec Le Cahier des Poésies d’Asphodèle,  lisez ici un poème.

Nul n’a besoin de connaître et/ou d’aimer la poésie pour participer à ce jeu. Mais n’est-ce pas là l’occasion de la découvrir et de rencontrer ses auteurs ?

Aujourd’hui, je vous propose un poème de :

Jean-Marie Barnaud

Aux joyeux harponneurs

Tout rouge des brumes
de demain
le soleil colporteur
pose derrière les toits et la courbe
du fleuve noir
son sac
et la moisson du jour en charpie

De ce côté-ci des fenêtres
dociles sous les volets roulants
on voit les mains se tendre
ces […}
vers la nuit des écrans
et la mort à mâcher la mort
aux mille visages

Qui parmi nous jouant des coudes
et dansant et riant
criant son déni aux adieux
à la mort consentie
harponnera ce sac
ses mensonges sa bêtise froide
ses tendresses ses douceurs sans armes
et le tiendra depuis l’ombre
tendu vers la lumière
dont chaque matin recoud les lambeaux

Jean-Marie Barnaud, 2004

Une citation de Maupassant, Contes et Nouvelles 1884, pour vous mettre sur le sens :

"Cabriolant au bruit d'un piano geignard, 
faux et vibrant comme un chaudron"

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