Charles Baudelaire, Le chien et le flacon

« – Mon beau chien, mon bon chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum acheté chez le meilleur parfumeur de la ville. »
Et le chien, en frétillant de la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres êtres, le signe correspondant du rire et du sourire, s’approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon débouché ; puis, reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi, en manière de reproche.
« – Ah ! misérable chien, si je vous avais offert un paquet d’excréments, vous l’auriez fleuré avec délices et peut-être dévoré. Ainsi, vous-même, indigne compagnon de ma triste vie, vous ressemblez au public, à qui il ne faut jamais présenter des parfums délicats qui l’exaspèrent, mais des ordures soigneusement choisies. »

Le Spleen de Paris, 1869

Pour ma participation au cahier des poésies d’Asphodèle

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Je vous en remercie
* Les modalités sont expliquées en ouverture de la même page.

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12 réflexions sur “Charles Baudelaire, Le chien et le flacon

  1. Si le chien lui avait proposé un bon vieux os à ronger, ifort à parier que Charles se serait aussitôt détourné avec horreur ; mais cela lui donne-t-il une simple raison de préférer le benjoin à la moelle ?
    heureusement que ce n’est qu’une farce destiner à taquiner l’hypocrite lecteur qui aime être distingué (Charles me dit que si je lis Baudelaire, c’est que je ne suis pas un vulgaire humeur de fiente… voire !)
    Mais aussi, l’avait pas lu Bourdieu, le Charles !

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  2. En fait il n’y a que la dernière phrase très parabolique qui compte dans ce poème en prose dans lequel je me reconnais bien.
    Le côté voyeur du public assoiffé de fange et de sang explique bien le succès de la téléréalité, des journaux à scandales, des tabloïds bien racoleurs, des histoires glauques, de la violence ordinaire…
    Allez parler ensuite du parfum ineffable de la beauté des choses… 😉
    Merci pour cet excellent choix
    ¸¸.•*¨*• ☆

    Aimé par 1 personne

    1. ma chienne Neige fait pareil et le suprême du suprême c’est enfouir le museau dans les crottes de renard ! inutile de dire comment elle ressot avec un pelage tout blanc et la puanteur mais le passage à la douche est obligatoire et ça elle n’aime pas du tout…
      avec le sourire

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  3. Et Baudelaire est bien surprenant ! je ne connaissais pas… Mais pourquoi faire renifler à son chien le parfum ? Attention, à cette époque les parfums n’étaient pas encore fabriquer avec des produits de synthèse et le musc ou la civette sont des productions des glandes anales des animaux d’où un intérêt exitant ou repoussant pour les animaux.. Pareil avec les chevaux
    Quand à Neige, elle déteste que je me fasse les ongles, l’odeur l’insupporte..
    Voilà pour aujourd’hui

    bonne journée, avec le sourire

    Aimé par 2 people

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