Les jeudis, en alternance avec Le Cahier des Poésies d’Asphodèle,  lisez ici un poème.

Nul n’a besoin de connaître et/ou d’aimer la poésie pour participer à ce jeu. Mais n’est-ce pas là l’occasion de la découvrir et de rencontrer ses auteurs ?

Aujourd’hui, je vous propose un poème de

Raymond Queneau
extrait de Battre la campagne, 1968
La fourmi et la cigale
Une fourmi fait l’ascension
d’une herbe flexible
elle ne se rend pas compte
de la difficulté de son entreprise
elle s’obstine la pauvrette
dans son […] délirant
pour elle c’est un Everest
pour elle c’est un Mont Blanc
ce qui devait arriver arrive
elle choit patatratement
une cigale la reçoit
dans ses bras bien gentiment
eh dit-elle point n’est la saison
des sports alpinistes
(vous ne vous êtes pas fait mal j’espère?)
et maintenant dansons dansons
une bourrée ou la matchiche

Raymond Queneau, Battre la campagne,
© Éditions Gallimard, 1968

Et une citation, pour suggérer le sens du mot masqué :

« L’art tient dans les sphères intellectuelles une place assez haute pour être un but et non pas un moyen…  » Théophile  Gautier

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