Tous les jeudis, lisez ici un poème.

Nul n’a besoin de connaître et/ou d’aimer la poésie pour participer à ce jeu. Mais n’est-ce pas là l’occasion de la découvrir et de rencontrer ses auteurs ?

Aujourd’hui, je vous propose un poème de
Jean Rousselot, extrait de Maille à partir,
publié en 1961.

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Jean Rousselot

Voici une citation d’Honoré de Balzac, en guise d’indice pour trouver le [***] (qui ne figure pas dans la citation, mais l’un de ses termes en est un synonyme).

Ignorant comme une carpe, il n’en avait pas moins écrit les articles sucre et eau-de-vie dans un dictionnaire d’agriculture, deux œuvres pillées en détail dans tous les articles des journaux et dans les anciens ouvrages où il était question de ces deux produits. Balzac, Les Illusions perdues

J’écris pour apaiser les scrupules de l’herbe,
Pour mettre un peu d’amour dans le foyer du vent,
Pour permettre à l’oiseau de s’éveiller proverbe,
Pour agrandir l’espace, éterniser l’enfant.
Pour opposer des faits d’écorce et de pelage
Aux dénis du [***], aux gommes du savoir,
Si je dis que le hêtre est une vierge sage,
Je retarde d’un feu l’enchère et l’abattoir.
J’écris pour réchauffer blé neuf et jeune vigne
Dieu plus encor que l’homme à la merci du gel ;
J’écris pour rassurer, j’écris pour rendre digne,
Pour que la solitude ait un nom de famille,
Pour implanter un lieu qui ne soit pas mortel.

 

Jean Rousselot, Maille à partir, 1961
Biographie et autres poèmes de Jean Rousselot en cliquant sur son portrait.

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