Automne

La vie nulle sous le grimoire des noms,
c’est nous à l’enseigne déjà des futurs
trépassés, nous encore dans l’âcre odeur
des feuilles jaunies que la mer

en ce fumeux lointain condense, nous
qui rêvons de partir, oiseaux prostrés
sur la corde du vide accrochant
la nuit des chambres à celle des désirs,

et que rompt d’un seul coup, à la fenêtre
du réveil, le corps buté de la terre
prise par le gel. Ô chrysanthèmes, rendez
à nos âmes dégrisées un peu de la couleur

des femmes qui passent en riant.

Guy Goffette, Le pêcheur d’eau,
Quatre saisons pour Jude S., 1995

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