Onze septembre, Évelyne Morin, Spencer Finch

Quinze ans, que cela passe vite, quinze ans.
Quinze ans, la troisième guerre mondiale commençait.

Que demeure notre mémoire…

J’ai choisi un poème en prose d’Évelyne Morin, extrait de Dernier train avant le jour, publié, il y a quinze ans. Je ne pense pas (je ne sais pas) que son écriture ait relation avec le drame. Ses mots me l’ont évoqué.

La nuit est béante comme une offrande noire Les lampes sont allumées dans la salle sur les registres des noms disparus J’égrène les lettres de l’alphabet pour retrouver celles qui ont donné leur nom à la béance du jour naissant Je suis mot à mot les rues de passage dans la ville d’amour solitaire Ils sont les hommes perdus sans nom dans les registres noirs Ils errent dans ma mémoire Tu pars avec eux Je ne t’appellerai plus de ton nom avalé par les noms que je ne connais pas Ma vie commence où s’arrête ma quête Je suis seule née de vous Je vous porte en mémoire

Évelyne Morin, Dernier train avant le jour
© Éclats d’encre – 2001

 

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Et cette oeuvre de l’artiste Spencer Finch : il se trouvait, il y a quinze ans, près des tours. Depuis, une question l’obsède : « quelle était exactement la couleur du ciel, ce matin-là ? ».
Lorsque Finch fut sollicité pour créer l’unique œuvre d’art destinée au musée et mémorial du 11 septembre, le sujet était tout trouvé.

Intitulée Essayer de se souvenir de la couleur du ciel ce matin-là de septembre, l’œuvre est monumentale.
Et pour cause : comme une gigantesque mosaïque, elle est composée de 2 983 tuiles bleues ! Soit exactement une pour chacune des victimes des attentats.

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8 réflexions sur “Onze septembre, Évelyne Morin, Spencer Finch

  1. J’étais au boulot ce jour-là quand des gens ont commencé à se rendre dans les bureaux les uns des autres pour répandre la nouvelle. J’ai eu du mal à réaliser ce qu’on disait… Et le soir à la télé, toutes ces horribles images en boucle… C’était un vrai cauchemar.

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    1. Et si j’ai souhaité rappeler cette mémoire, c’est parce que nous avons la « mémoire courte »… C’était il y a 15 ans.
      Quinze ans, dans une vie, ce n’est pas rien ! Et pourtant, même si les images de cette horreur restent gravées, elles se sont éloignées de notre quotidien, et ont laissé la place à d’autres horreurs qui se remplacent les unes les autres.
      Nos souvenirs fonctionnent par strates… nous ne faisons pas toujours de liens…
      Merci pour ton commentaire ❤

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  2. Je m’en souviens comme si c’était hier. Quelle bonne idée d’associer le texte d’Evelyne Morin (un texte magnifique d’ailleurs) à l’œuvre, qui prend tout son sens avec tes explications, de Spencer Finch.

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    1. Oui, Lydia… Les images télévisées de ce jour sinistre et meurtrier demeurent gravées dans nos mémoires…
      Pourtant, il me semble avoir lu peu d’hommages à ces victimes, aujourd’hui, sur les blogs.

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  3. Le moment où j’étais quand j’ai vu les premières images à la télé (et du coup appris la nouvelle) restera gravé définitivement dans ma mémoire.

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