Quinze ans, que cela passe vite, quinze ans.
Quinze ans, la troisième guerre mondiale commençait.

Que demeure notre mémoire…

J’ai choisi un poème en prose d’Évelyne Morin, extrait de Dernier train avant le jour, publié, il y a quinze ans. Je ne pense pas (je ne sais pas) que son écriture ait relation avec le drame. Ses mots me l’ont évoqué.

La nuit est béante comme une offrande noire Les lampes sont allumées dans la salle sur les registres des noms disparus J’égrène les lettres de l’alphabet pour retrouver celles qui ont donné leur nom à la béance du jour naissant Je suis mot à mot les rues de passage dans la ville d’amour solitaire Ils sont les hommes perdus sans nom dans les registres noirs Ils errent dans ma mémoire Tu pars avec eux Je ne t’appellerai plus de ton nom avalé par les noms que je ne connais pas Ma vie commence où s’arrête ma quête Je suis seule née de vous Je vous porte en mémoire

Évelyne Morin, Dernier train avant le jour
© Éclats d’encre – 2001

 

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Et cette oeuvre de l’artiste Spencer Finch : il se trouvait, il y a quinze ans, près des tours. Depuis, une question l’obsède : « quelle était exactement la couleur du ciel, ce matin-là ? ».
Lorsque Finch fut sollicité pour créer l’unique œuvre d’art destinée au musée et mémorial du 11 septembre, le sujet était tout trouvé.

Intitulée Essayer de se souvenir de la couleur du ciel ce matin-là de septembre, l’œuvre est monumentale.
Et pour cause : comme une gigantesque mosaïque, elle est composée de 2 983 tuiles bleues ! Soit exactement une pour chacune des victimes des attentats.

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