Aki Shimazaki, Tsubaki, Le poids des secrets

Le 24 mai dernier, Écri’turbulente fêtait son premier anniversaire avec ses lecteurs. J’avais invité ceux qui le souhaitaient à participer à la lecture commune d’un livre voyageur mystère. En huit étapes, le roman de Aki Shimazaki : Tsubaki, le poids des secrets  a fait le tour de France avec une petite escapade en Belgique. Chacune, chacun, après l’avoir lu, s’était engagé à en rédiger une chronique, à me l’envoyer pour que je compile tous nos avis dans le billet unique que voici.
En cliquant sur les noms/pseudo des participants (en rouge), vous arriverez chez eux, ce qui vous permettra de visiter, à votre gré, l’ensemble de leur demeure.
Merci à toutes et tous d’avoir donné à ce roman la chance d’être lu ; merci aussi d’avoir participé à son aventure ; merci encore de collaborer à la vie de ce blog en l’agrémentant de vos commentaires.
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Aki Shimazaki, Tsubaki, Le poids des secrets / 1

L'avis d’Anne de Louvain-la-Neuve.

Un tsubaki en japonais, c’est un camélia qui balise le début du récit et le clôture. Cette magnifique plante est la fois symbole d’unité (dans la famille ou le couple) puisque  « corolle, étamines et pistil restent toujours ensemble » (p. 7), et symbole d’une vie qui se termine en douceur. La mère de la narratrice, Yukiko dite Mme K., recueille les fleurs rouges tombées par terre pour les poser sur l’eau du bassin dans le jardin où elles laissent leur trace et leur cœur durant quelques jours…,  cette mère qui aimerait mourir comme un camélia et qui sera enterrée parmi eux.

Tout ce petit roman, écrit de manière remarquablement limpide, apparait d’une simplicité extrême tant les dialogues sont concrets et concis.  L’histoire fait des allers-retours entre le passé et le présent en s’appuyant sur la lettre posthume que la narratrice Namiko reçoit après la mort de sa mère. Cette apparente simplicité de style permet de faire ressortir la complexité du récit.  La grande Histoire marque au fer rouge et tragiquement les petites histoires qui en sont le reflet.

En quelques pages, on établit l’arbre généalogique de cette famille et l’on comprend par une simple phrase de Yukiko qu’ « il y a des cruautés qu’on n’oublie jamais. » (p. 19). Si la guerre que le Japon impose au monde rejaillit sur la destinée de tous jusqu’à l’apocalypse des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, où la famille vit, cette cruauté-là n’est pas la pire. Il faudra donc attendre la lecture de la lettre de la mère pour comprendre les tenants et aboutissants de l’histoire : le meurtre d’un père dont les mensonges continuels  faussent les rapports de couple et font basculer l’enfance dans le mensonge jusqu’au meurtre qui coïncide avec l’explosion de la bombe atomique.

Ainsi, le camélia représente symboliquement l’exact contraire de l’histoire des hommes où l’égoïsme, la guerre, la violence, les faux-semblants, l’hypocrisie de cette société (les mariages arrangés) minent la vie, l’amour et la paix à laquelle tous aspirent. Le présent pourrait-il réparer les erreurs du passé ? Les cinq romans qui appartiennent à cette pentalogie nous apporteront peut-être la réponse.

L'avis d'Aifelle

La mère de Namiko, Yukiko, vient de mourir. C’était une survivante de la bombe de Nagasaki, évènement sur lequel elle a toujours observé le silence. Pourtant, dans les dernières semaines de sa vie, elle a accepté d’en parler à son petit-fils et en mourant, elle a laissé deux lettres à Namiko. La première lettre lui est destinée et lui révèle des secrets que Yukiko avait gardé pour elle toute son existence. La deuxième … il n’est pas nécessaire d’en dire plus, c’est toute l’histoire de ce court roman, qui se dévore d’une traite.

L’écriture est simple et épurée, comme savent le faire les japonais et elle coule vraiment avec grâce. L’histoire est très prenante et touchante, nous nous retrouvons au Japon, avant et pendant la deuxième guerre mondiale. Yukiko dévoile sa vie d’enfant et d’adolescente avec le drame qui l’a brisée. Le contexte historique est très important bien sûr et Aki Shimazaki excelle à décrire la mentalité et l’atmosphère de l’époque, bien loin de nos propres ressentis d’occidentaux.

C’est cependant l’histoire sentimentale qui est mise en avant dans ce premier roman d’une série qui en comporte cinq. A noter que Aki Shimazaki est japonaise d’origine, mais vit maintenant au Canada et qu’elle écrit directement en français.

Aifelle avait déjà lu ce roman ; sa chronique est ici et j’en ai fait un copié/collé.

L'avis de Célestine

Premier volet d’une suite qui en compte cinq, le livre est une longue lettre posthume. L’écriture japonaise (oui, car il y a bien une écriture japonaise) coule comme une gorgée de thé blanc au vent des moussons. Chaque phrase est ciselée comme une fleur de cerisier qui cacherait un poison subtil. A la fois douce et cruelle.

La lettre, c’est sa mère qui l’écrit. Elle, la narratrice, nous la lit et l’on sent sa main trembler en découvrant la vérité. Le livre lui-même tremble un peu, comme agité de nos propres sensations.

La lettre délivre sa mère d’un douloureux secret juste avant de mourir.

Sur fond de fin de Seconde Guerre au Japon, et de sa tragique issue au martyr de Nagasaki et Hiroshima, l’on comprend que le poids du secret n’a d’égal que celui des traditions, des interdits, des conventions qui régissent les rapports humains.

Mais la guerre n’est là qu’en tâche de fond. Le plus important c’est l’Amour, la liaison coupable, interdite, réprouvée, entre Yukiko et Yukiyo, les deux faces janusiennes de l’absurdité de l’être, eux-mêmes fruits involontaires d’une passion charnelle, profonde, défendue, impossible …

Un livre empli de sentiments exacerbés et de passions tumultueuses, et de mains implacables du destin, sans que rien, jamais, ne bouge, c’est le secret ultime de cette chronique qui glisse sans bruit comme une cloison de papier de soie, comme les pas feutrés des sandales de paille sur un tatami, ou comme la brise odorante courbant à peine la tige du lotus.

A déguster à l’heure du thé, à l’ombre fraîche d’un gingko biloba, ou, à défaut, un banc au bord d’un lac au jardin de ville fera l’affaire.

Bref, j’ai aimé.

L'avis de Monesille

Avec en sous-titre, le poids des secrets, Aki Shimazaki nous conte une libération, dans un petit livre court et dense à la manière japonaise. Sur fond du récit de la cynique attaque par les Américains de Nagasaki,  bien contrebalancé d’ailleurs par la culpabilité japonaise sur le massacre de Nankin -chacun dans son camp- l’auteur nous livre une chronique familiale, où l’amour de deux adolescents est interdit par la faute du père. Ou alors est-ce l’inverse ? L’amour de deux adolescents prête son romanesque à la mise au clair d’un massacre abominable. Un livre discret d’un présent tout en pudeur, des touches si subtiles qu’elles en semblent au premier abord inconsistantes puis avec le recul, on sent l’empreinte de la vie japonaise nous saisir, pas de grands sentiments, pas de grandes gesticulations d’idées ou de raisonnements. Une ambiance subtile comme le parfum des camélias. Oui ce livre est bien nommé : Tsubaki ce sont les camélias en Japonais. La fleur des amoureux.

L'avis de Valentyne

120 pages à peine dans ce court roman et pourtant que d’émotions dans ces quelques pages.

Dès le départ, on sait que le sujet en sera le deuil : « Il pleut depuis la mort de ma mère », telle est la première phrase.

Le début se passe de nos jours, et puis nous voilà projetés en 1945 : Namiko reçoit du notaire la confession de sa mère Yukiko. Il s’agit bien là d’une confession : Yukiko raconte sa vie d’adolescente à Nagasaki en 1945 et surtout elle raconte ce qui l’a poussé à commettre un crime (ne faites pas comme moi, ne lisez pas la quatrième de couverture qui dévoile trop).

J’ai trouvé les dialogues du début de ce livre très percutants : une grand-mère mourante parle de la bombe atomique à son petit-fils adolescent, avant de coucher sur le papier son adolescence à elle. Elle parle des dures conditions de vie lors de ses terribles années (le travail dans les usines d’armement, la faim, l’horreur de la bombe atomique…), mais aussi de son amour naissant pour Yukio, son voisin du même âge. Elle a un regard sans concession sur les adultes, l’égoïsme de son père, l’effacement de sa mère. Si jeune et déjà très mature.

La fin donne envie d’en savoir plus sur Yukio, le jeune voisin d’enfance de Yukiko.

Lu d’une traite, ce petit livre fait se poser la question : aurais­-je agi comme Yukiko ?

J’avais repéré cette auteur lors de différents mois québécois et aussi ici : et je suis ravie que ce livre voyageur soit venu jusqu’à moi (me reste à lire la suite, en espérant que l’émotion sera au rendez vous de 4 tomes suivants de cette pentalogie intitulée « le poids des secrets »)

L’auteure Aki Shimazaki est née au Japon et vit actuellement au Québec (comme Namiko).

L’extrait choisi.
Yukio et Yukiko passent du temps ensemble, (début d’une amourette ?) avec en toile de fond les fameux tsubakis du titre (camélias)

Il se taisait. Je tremblais de froid.

­ Tu ne portes qu’un chandail ! cria-­t-­il.

Il portait un gros manteau de son père. Il l’ouvrit pour que je puisse m’y réchauffer. Bien que son geste m’ait étonnée, je m’appuyai contre sa poitrine. La chaleur courait dans mon corps. Couverte du manteau, je restais immobile. J’entendais le vent souffler doucement dans les feuilles de bambous. La tranquillité et la paix étaient entre nous et autour de nous. Le temps s’arrêtait.

Je voyais les boutons de camélias, bien tenus par les calices. C’étaient les camélias qui fleurissent en hiver. Dans la campagne près de Tokyo, quand il neigeait, je trouvais les fleurs dans le bois de bambous. Le blanc de la neige, le vert des feuilles de bambous et le rouge des camélias.

C’était une beauté sereine et solitaire.

L'avis de Carnets Paresseux
Alors ça commence mal, j’ai oublié le titre et le nom de l’auteur du livre à compte-rendre.
Cela m’arrive assez souvent. Ne pas en conclure que j’ai oublié l’histoire.
Ou que je ne l’ai pas aimé.
Faut admettre aussi que je suis assez médiocre critique de lecture. Ce que j’ai ressenti, qui ça intéresse ? sans compter que ça peut changer, le ressenti, au gré d’une relecture, ou d’un autre livre, ou du moment.
Mais bon, assez noyé le poisson autour du pot : un beau récit gigogne, sur plusieurs générations, autour d’un secret de famille en forme de question pas du tout rhétorique : Comment peut-on être coupable d’un assassinat commis pendant un bombardement ? Et comment être réduit au secret par une bombe atomique ? Joli (si j’ose dire) sujet qu’on imagine aussi bien à Dresde qu’à Caen (et un peu partout depuis), à l’atome près.
L'avis de Lydia

Je ne lis pas souvent de romans asiatiques. J’ai toujours du mal en général. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien. Pourtant, là, je me suis laissée transporter. Cette lettre de Yukiko, adressée à sa fille, est à la fois horrible et magnifique. On entre dans la vie de cette femme à petits pas, délicatement. On reste en retrait, non pas pour ne pas être vu, mais par respect. En effet, il se dégage de ce texte une telle sobriété que l’on ne peut qu’être fasciné. De ce fait, on ne juge pas, on ne le peut pas. Pourtant, il y a le meurtre et celui-ci viendrait presque effacer un événement primordial : la bombe atomique lancée sur Nagasaki, lieu où réside le personnage principal.

J’ai vraiment apprécié cette pudeur, cette atmosphère, ce calme même qui se dégage de ce livre. Il existe quatre autres tomes que je vais me procurer.


Mon avis

« C’était ma mère qui aimait les camélias ».

C’est Namiko, la narratrice, qui commence ainsi l’histoire posthume de sa mère Yukiko. La vieille dame, survivante de Nagasaki, exilée au Canada, vient de s’éteindre. Les camélias étaient ses fleurs de prédilection : « Tsubaki« , en japonais. Du passé de sa mère, Namiko sait peu de choses. Réticence de la première, discrétion de la deuxième. La chape nécessaire, sans doute, pour ne pas faire resurgir les horreurs de la guerre et du laminage de leur pays d’origine par les bombes américaines. Mais le fils de la narratrice éprouve une avide curiosité à l’égard de l’histoire dramatique du Japon, des causes de la tragédie. Il questionne sa grand-mère, quelques heures avant sa mort : étonnamment, elle lui répond volontiers.

C’est l’occasion, pour Aki Shimazaki, l’auteure de ce court roman (le premier d’une pentalogie), de donner quelques pistes de réflexion sur les intérêts politiques et stratégiques en jeu en 1945, lorsque sa nation a été la cible des assauts militaires des États-Unis.

La grande (et souvent méprisable) Histoire coexiste avec l’histoire ordinaire (et parfois déshonorante) de ceux qui tentent de survivre au cœur des carnages planétaires. Surtout qu’au pays du Soleil Levant, on ne badine pas avec l’honneur.  Le thème central du roman est là.

Ce n’est pas la souvenance des évènements historiques qui avait rendu Yukiko muette. Mais celle du « poids du secret » qu’elle porte en elle depuis ce sombrement célèbre 9 août où 75 000 habitants de Nagasaki furent tués, notamment dans le quarter d’Urakami où elle demeurait, adolescente, avec sa famille. Mais, hasard ? Seul son père y laissa la vie.

L’avocat chargé de la succession de Yukiko va remettre deux documents à Namiko, deux lettres dont l’une, qui lui est destinée, va mettre à jour un lourd secret familial.

Une écriture dépouillée, directe. Ni verbiage, ni fioritures. Pourtant Aki Shimazaki sait décrire avec justesse et sentiment l’univers nippon de la moitié du XX° siècle, en temps de guerre, avec ses traditions en train d’évoluer, au travers de la relation d’intrigues et de roueries universellement humaines.

Couverte du manteau, je restais immobile. J’entendais le vent souffler doucement dans les feuilles de bambous. La tranquillité et la paix étaient en nous et autour de nous. Le temps s’arrêtait.

Je voyais des boutons de camélias, bien tenus par les calices. C’étaient les camélias qui fleurissent en hiver. Dans la campagne près de Tokyo, quand il neigeait, je trouvais les fleurs dans le bois de bambous. Le blanc de la neige, le vert des feuilles de bambous et le rouge des camélias. C’était une beauté sereine et solitaire.


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14 réflexions sur “Aki Shimazaki, Tsubaki, Le poids des secrets

  1. Je reviens de vacances et ma première visite quoique courte est pour toi, et pour ce compte rendu commun. J’ai adoré faire partie de cette chaîne de lecture et ce livre m’a beaucoup touchée Merci à toi de cette organisation si parfaite et à tous et toutes de ce flambeau passé de boites en boites. Je garde précieusement le marque-page en souvenir. Je vais maintenant lire les autres avis.
    Bisous chère Tine et j’admire ta générosité qui pour ton anniversaire offre des cadeaux aux autres !

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  2. C’était une super bonne idée !
    Je suis contente d’avoir participé, et qu’est-ce que c’est chouette de lire les textes des autres !
    Bisous à tous
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Je suis contente que mon idée t’aie plu 😀
      L’idée… et le livre 😀

      Et le résultat me convient bien : cette compilation de chroniques sur un même billet donne un portrait bien complet du roman.

      Bisou Célestine.

      Aimé par 1 personne

    1. Là, tu vois, rien ne peut me faire plus plaisir !
      On a parfois des à priori que juste un petit coup de pouce réussit à nous faire dépasser.

      Bisous Lydia, belle journée.

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  3. Excellent choix Martine que ce court roman, si délicat et émouvant. J’espère qu’il donnera à toutes l’envie de lire la série entière. Et merci pour le jeu, c’était très sympa comme idée 🙂

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    1. Je crois, en lisant les billets des uns et des autres, qu’en effet l’envie est venue de lire les autres opus.
      J’ai le second tome depuis un moment, mais j’attendais que celui-ci ait terminé son voyage pour le commencer. S’il est de la même veine, je vais prendre du plaisir, c’est certain !
      Bises, Aifelle.

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  4. Chouette aventure que nous a proposée l’Ecrevisse. Merci Martine pour ce voyage itinérant et critique. J’ai lu les comptes rendus des autres avec beaucoup d’intérêt et celle de notre Dodo n’est pas la moindre. Bref, je poursuis la suite des lectures de ce petit bouquin ici même et je te sais gré de l’inventivité de ce cadeau d’anniversaire. Un beau retour de vacances en somme !

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    1. Je vais derechef attaquer le 2ème tome. Et le 3ème, et le 4ème et le 5ème sans doute. Parce que j’ai été charmée et que c’est pour cela que j’ai eu envie de le partager…

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    1. Je les ai lus Valentyne, fonce ! ils sont tous aussi bien et l’éclairage sur l’histoire change à chaque fois, ajoutant une pièce au puzzle.

      Aimé par 2 people

          1. C’est génial de lire ces chroniques à la suite, avec le regard et la sensibilité de chacun(e)… Du coup il me fait envie ce roman délicat et cruel comme est cruelle la neige qui tombe sur le camélia en fleurs… Et je sais de quoi je parle, j’ai un énorme camélia dans le jardin voisin qui fleurit en hiver ! 😀 L’histoire est troublante et ça ne m’étonne pas que l’on veuille connaître la suite ! Bravo aux chroniqueurs (et à l’organisatrice^^), c’était « éclairant » ! 😉 Bisous ma Tine♥

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