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« C’était à Pétaouchnok, faubourg de Trifouilly-les-Oies, dans les jardins de Canary Feathers.

Excusez mon arrivée turbulente et divagatoire dans le cercle des juinguissimes agendironistes, mais j’en reviens à l’instant après avoir investigué sans succès l’arbre de ma généalogie. Depuis ce jour où Dame Anne de Belgique a divulgué cette photo, je suis sur les charbons ardents. Comprenez-moi : cette galerie de portraits est celle de mes ancêtres ! Mais je l’ignorais complètement. C’est Mademoiselle Dithyrambe, que je ne vous présenterai plus, qui m’a mis la puce à l’oreille.

Une puce à l’oreille ? Mais enfin, Mademoiselle, de quel droit avez-vous osé introduire cet aphaniptère cannibale dans une de mes portugaises ensablées ? Ce n’est pas le fait de vous réveiller sur les bords d’une piscine infestée de crocodiles/verts/salon/de/jardin/peuplé/de/nains, qui vous autorise à gratouiller ma généalogie, à tympaniser mes origines et à sautiller comme un merle occupé à fourbir les feuilles mortes dans l’espoir d’y trouver de quoi s’y sustenter. Parce que du lobe au tympan, il n’y a qu’un saut ! Et faudrait-il que mes esgourdes soient immenses pour que cette indésirable bestiole franchisse d’un bond les trente-quatre centimètres qui les distancieraient !

Mais je m’é-gare sans même avoir eu le temps de crier, empêtré dans les froufrous de la femme du chef/de/la/gare/précitée (et dans laquelle, souvenez-vous, je n’ai pas crié) fréquentés par ces amants-puces que chantaient les troubadours du Moyen-âge. Et puisque nous sommes arrivés au Moyen-âge, laissez-moi vous compter l’histoire de ma famille.

C’était dans les années 1600. Pile poil à la fin du Moyen-âge. Donc les troubadours qui chantaient les puces avaient disparu, comme les dinosaures qui, eux, étaient déjà bouffés par la Pseudopulex jurassicus. Tenez voilà une photo que mon ancêtre Taurissicus avait pris sur le cuir d’un dinosaure qu’il avait domestiqué en le nourrissant exclusivement de bonbons pralinés.

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Que me soufflez-vous dans le pavillon, Mademoiselle Dithyrambe ? Que le thème de ma conférence ne porte pas sur la phylogenèse des puces ? Que nos étudiants n’en ont rien à cirer de savoir si les dinosaures et autres extravagances de l’histoire des vivants étaient ou non becquetés par les siphonaptères ? Que les crocodiles/verts/salon/de/jardin/peuplé/de/nains  ne servent pas de domicile à ces insectes ptérygotes holométaboles qui seraient d’ailleurs noyés par leurs larmes abondamment versées ? Que je dis « graisse »? Mais non, mademoiselle, je n’ai jamais dit graisse, ni graillon, ni beurre !

Bien.
Sur l’injonction de mon assistante, je m’en vais revenir à nos moutons. À propos desquels on ne parle pas de graisse, mais plutôt de suint. Et eux aussi, ils ont de puces. D’ailleurs si on avait pucé les dinosaures comme, maintenant, on puce les moutons, on ne les aurait certainement pas perdu au fil de l’histoire. Aujourd’hui, c’est à cause des loups qu’on perd les moutons ; avant c’était à cause des puces qu’on perdait les dinosaures. Il aurait donc fallu louper les dinosaures comme on puce les moutons, mais les études de l’époque dinosauriennes ont démontré que le loupage des diplodocus n’aurait pas été rentable.

Mais qu’avez-vous donc, Mademoiselle Dithyrambe ? Vous êtres excitée comme une puce qu’un pou aurait associé à une niquedouille ! Je suis une nouvelle fois sorti de la piste ? Ce n’est pas sur les puces que je devais construire ma conférence, mais sur mon ascendance ? Madame Anne de Louvain-la-Neuve, ma noble amie, attend avec impatience le résultat de mes investigations ? Cette attente fiévreuse, dites-vous, provoque des insomnies qui la contraignent à  inlassablement compter les moutons qui lui refilent des puces qui ne la loupent pas ?

Ah, mais ce n’est pas pour ça que vous sautez comme un cabri ? C’est à cause des crocodiles/verts/salon/de/jardin/peuplé/de/nains/ qui s’agitent autour de vous en agitant l’eau de la piscine comme si elle était sujette à une secousse tellurique ?

Mes chers étudiants, je vais provisoirement interrompre ma conférence ; il faut que je vienne en aide à Mademoiselle Dithyrambe. J’ai parmi mes ancêtres quelques hommes grenouilles que je vais envoyer à la rescousse. Voyons, auquel  vais-je faire appel…

01.1

Celui-ci me semble être le plus à même de secourir cette pauvre demoiselle.

Nous reprendrons cet exposé le mois prochain ; je vous parlerai très probablement de mes illustres prédécesseurs. Mais comprenez-moi, nous sommes dans l’urgence, là. Mon assistante est cernée par les crocodiles/verts/salon/de/jardin/peuplé/de/nains.

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1376636b6b286dd1ef7043de64282136Cette conférence a été rédigée à l’intention de l’Agenda Ironique Juinguien de Madâme Anne de Louvain la-Neuve par votre dévoué

Je voulais vous dire, aussi, que dans cette aventure, il n’y a pas que moi qui dis vague, ou qui dis imprécis, ou qui dis approximatif… Enfin qui dis des tas de trucs rigolos… ironiques, quoi. C’est là ! Bonnes lectures…

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