interview

1 – Quelles sont vos sources d’inspiration ?

La vie, « mijuscule et manuscule ». Dans ce qu’elle a de réjouissant, d’enchanteur. Dans ce qu’elle a de caricatural, d’extravagant, de grotesque et d’irrationnel parfois. Mes péroraisons cérébrales m’ébaudissent (c’est bien de compter sur soi, n’est-ce pas, pour se mettre en allégresse !). Et si j’arrive à réjouir d’autres que moi, ça me fait plaisir. Si je n’y parviens pas, ça ne me rend pas triste. C’est ça qui est pratique.

2 – Quand et pourquoi avez-vous commencé à écrire ?

Quelle question ! Obéissant aux lois de la République, mes parents – des gens bien sous tous rapports – m’ont embarquée dans la grande aventure psychosociale de l’institution scolaire. Je devais avoir cinq ans, peut-être moins. L’on m’a glissé un bout de bois dans la main droite (ça tombait bien, je suis droitière ; mais si j’avais été gauchère, c’est quand même ma main droite qu’il m’aurait fallu utiliser). L’on a mis une feuille de papier sur la table et l’on m’a montré que le bout de bois laissait des traces si on le frottait sur le papier. Alors j’ai frotté, gratté, noirci, écorché parfois  la feuille et ça m’a plu !  Voilà pourquoi j’ai commencé, et pourquoi je n’ai plus arrêté.

3 – Avez-vous tenu un journal, des carnets où vous notiez des citations, des pensées, etc. ?

Tout ça et bien plus encore. Bien moins aussi. L’écriture, c’est un peu comme une recette de cuisine. On la lit, on étale les ingrédients devant soi et on se lance. On ajoute, on enlève, on transforme, on pétrit, on déforme, on reforme, on triture… Le mets final n’est plus tout fait identique à l’original ; parfois il n’y ressemble plus du tout. Les citations, les pensées, ce sont celles des autres qu’on aimerait bien avoir eues, mais voilà on a raté le coche ! Le tour de main n’appartient qu’à la main qui crayonne, le tour d’idée est la propriété de celui qui l’a eue. Quant au tour de manège, là c’est vraiment le pompon ! Et je ne vous parlerai pas des tours de c… Oh pardon ! je digresse.

4 – Qu’avez-vous écrit en premier ?

Oh ! Je pense que ce furent des traits, des boucles, des ponts, des ronds. C’est incroyable qu’avec si peu de chose on arrive à faire tant ! Quand on imagine, comme le souligne Susie Morgenstern, que

« Il n’existe que 26 lettres dans l’alphabet. Et avec elles, on compose tous les mots, toutes les phrases, tous les paragraphes, toutes les pages et tous les livres. C’est fou. C’est magique. »

5 – Avez-vous persévéré ?

Que croyez-vous que je sois en train de faire, là ?

6 – Pourquoi avoir rendus vos textes publics ?

J’ai déjà répondu à cette sixième question à la question numéro un.

7 – Comment imaginez-vous le lecteur ?

Assis devant son ordinateur, avec plein de vrais bouquins de vrais écrivains éparpillés sur son bureau, prêt à pousser un « Échap » de soulagement quand il arrivera à la fin de mes élucubrations, s’il veut bien y arriver.

8 – Que voulez-vous offrir au lecteur ?

Des mots. Des mots-tifs de lire, de rire, de dire. C’est pas pire, quand même que de rencontrer un loup déguisé en hérisson, par une nuit profonde, au cœur d’une forêt peuplée de petites filles vêtues de rouge ?

9 – Êtes-vous sensible à la critique ?

La critique est aisée, mais l’art…  Les critiques sont parfois de prétentieux zoïles, oui oui, j’ai bien dit zoïles et ce n’est pas un gros mot. Alors vous savez… On ne critique que ce qui se prétend qualifié. Ce qui n’est pas mon cas de modeste écrevisse travestie en plumitive. Toutefois, si vous appréciez ce que j’écris, je vous en sais infiniment gré. Si vous souhaitez éreinter, je préfère que vous tourniez la page sans mots-dire. Je n’ai pas vocation d’écrivain et n’envisage ni d’obtenir un quelconque prix littéraire, ni de me mettre la rate au court-bouillon (encore faut-il que les écrevisses en aient une, d’ailleurs, bien que feu certaines aient connu le court-bouillon). Mon plaisir d’écrire est intimement lié à mon besoin, même si je ne suis pas convaincue de bien le faire.

10 – Quand vous écrivez, avez-vous un rituel d’écriture ?

Si vous connaissez le sens du terme « perlaboration », alors oui, j’ai un rituel d’écriture. Si vous ne connaissez pas, ne cherchez pas, ce n’est pas un rituel d’écriture.

Oserais-je, oui, oserais-je poser ces mêmes questions 
à mes amis écrevistes ? 

SIGNATURE



 

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