Mes réponses à dix questions que je ne m’étais jamais posées

interview

1 – Quelles sont vos sources d’inspiration ?

La vie, « mijuscule et manuscule ». Dans ce qu’elle a de réjouissant, d’enchanteur. Dans ce qu’elle a de caricatural, d’extravagant, de grotesque et d’irrationnel parfois. Mes péroraisons cérébrales m’ébaudissent (c’est bien de compter sur soi, n’est-ce pas, pour se mettre en allégresse !). Et si j’arrive à réjouir d’autres que moi, ça me fait plaisir. Si je n’y parviens pas, ça ne me rend pas triste. C’est ça qui est pratique.

2 – Quand et pourquoi avez-vous commencé à écrire ?

Quelle question ! Obéissant aux lois de la République, mes parents – des gens bien sous tous rapports – m’ont embarquée dans la grande aventure psychosociale de l’institution scolaire. Je devais avoir cinq ans, peut-être moins. L’on m’a glissé un bout de bois dans la main droite (ça tombait bien, je suis droitière ; mais si j’avais été gauchère, c’est quand même ma main droite qu’il m’aurait fallu utiliser). L’on a mis une feuille de papier sur la table et l’on m’a montré que le bout de bois laissait des traces si on le frottait sur le papier. Alors j’ai frotté, gratté, noirci, écorché parfois  la feuille et ça m’a plu !  Voilà pourquoi j’ai commencé, et pourquoi je n’ai plus arrêté.

3 – Avez-vous tenu un journal, des carnets où vous notiez des citations, des pensées, etc. ?

Tout ça et bien plus encore. Bien moins aussi. L’écriture, c’est un peu comme une recette de cuisine. On la lit, on étale les ingrédients devant soi et on se lance. On ajoute, on enlève, on transforme, on pétrit, on déforme, on reforme, on triture… Le mets final n’est plus tout fait identique à l’original ; parfois il n’y ressemble plus du tout. Les citations, les pensées, ce sont celles des autres qu’on aimerait bien avoir eues, mais voilà on a raté le coche ! Le tour de main n’appartient qu’à la main qui crayonne, le tour d’idée est la propriété de celui qui l’a eue. Quant au tour de manège, là c’est vraiment le pompon ! Et je ne vous parlerai pas des tours de c… Oh pardon ! je digresse.

4 – Qu’avez-vous écrit en premier ?

Oh ! Je pense que ce furent des traits, des boucles, des ponts, des ronds. C’est incroyable qu’avec si peu de chose on arrive à faire tant ! Quand on imagine, comme le souligne Susie Morgenstern, que

« Il n’existe que 26 lettres dans l’alphabet. Et avec elles, on compose tous les mots, toutes les phrases, tous les paragraphes, toutes les pages et tous les livres. C’est fou. C’est magique. »

5 – Avez-vous persévéré ?

Que croyez-vous que je sois en train de faire, là ?

6 – Pourquoi avoir rendus vos textes publics ?

J’ai déjà répondu à cette sixième question à la question numéro un.

7 – Comment imaginez-vous le lecteur ?

Assis devant son ordinateur, avec plein de vrais bouquins de vrais écrivains éparpillés sur son bureau, prêt à pousser un « Échap » de soulagement quand il arrivera à la fin de mes élucubrations, s’il veut bien y arriver.

8 – Que voulez-vous offrir au lecteur ?

Des mots. Des mots-tifs de lire, de rire, de dire. C’est pas pire, quand même que de rencontrer un loup déguisé en hérisson, par une nuit profonde, au cœur d’une forêt peuplée de petites filles vêtues de rouge ?

9 – Êtes-vous sensible à la critique ?

La critique est aisée, mais l’art…  Les critiques sont parfois de prétentieux zoïles, oui oui, j’ai bien dit zoïles et ce n’est pas un gros mot. Alors vous savez… On ne critique que ce qui se prétend qualifié. Ce qui n’est pas mon cas de modeste écrevisse travestie en plumitive. Toutefois, si vous appréciez ce que j’écris, je vous en sais infiniment gré. Si vous souhaitez éreinter, je préfère que vous tourniez la page sans mots-dire. Je n’ai pas vocation d’écrivain et n’envisage ni d’obtenir un quelconque prix littéraire, ni de me mettre la rate au court-bouillon (encore faut-il que les écrevisses en aient une, d’ailleurs, bien que feu certaines aient connu le court-bouillon). Mon plaisir d’écrire est intimement lié à mon besoin, même si je ne suis pas convaincue de bien le faire.

10 – Quand vous écrivez, avez-vous un rituel d’écriture ?

Si vous connaissez le sens du terme « perlaboration », alors oui, j’ai un rituel d’écriture. Si vous ne connaissez pas, ne cherchez pas, ce n’est pas un rituel d’écriture.

Oserais-je, oui, oserais-je poser ces mêmes questions 
à mes amis écrevistes ? 

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22 réflexions sur “Mes réponses à dix questions que je ne m’étais jamais posées

  1. Un peu plus et je ratais cette auto-interview écrevissée, écartelée mais pas ébouillantée ! Juste ce qu’il faut de cuisson et d’aromates pour nous rendre tes mots fondants en bouche jusqu’au ravissement de l’esprit qui s’ensuit ! 😆 Heureusement que tu écris et peu importe la « notoriété », la « critique »…tant que tu ravis tes lecteurs c’est que tes multiples pinces (d’écrevisse) savent boucler les mots avec la grâce d’un Figaro habile ! Et je plussoie : avec 26 lettres …26 lettres comme un passage vers l’éternité et l’infini qui ne se termine(nt) jamais ! Bisous♥

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  2. Après avoir cherché Zoïle dans le dictionnaire, qui m’a renvoyé sur antonomase qui m’a renvoyé sur trope qui m’a renvoyé sur catachrèse…je me suis répondu que j’étais bien contente de ne pas être allergique aux écrevisses 🙂

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    1. Hi hi ! Il y a parfois dans mes neurones des fulgurances qui surprennent mes propres extravagances.
      Mais tu serais mieux habile que moi, je pense, pour développer cette élucubration. Ça ne te dit pas ?

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  3. Cette auto interview, il me semble que je la pratique chaque fois que je me lance dans l’écriture d’un texte; ce n’est pas pour rien si j’ai appelé mon blog mots autographes, avec ce sentiment que ce sont eux qui savent ce que je vais écrire.
    Belle journée

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    1. Le mot doit faire naître l’idée ; l’idée doit peindre le fait : ce sont trois empreintes d’un même cachet ; et, comme ce sont les mots qui conservent les idées et qui les transmettent, il en résulte qu’on ne peut perfectionner le langage sans perfectionner la science, ni la science sans le langage.
      Et toc ! 😉

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  4. Moi, si je reçois un bouquin pour m’encourager, je réponds au questionnaire…. NNNNNNNNNNNan, c’est pour du rire, comme on disait ! Sache toutefois que je n’ai pas appris grand chose sur toi, oh écrevisse, car ce que tu dis, je l’avais découvert au travers de tes mots : un grand sens de l’autodérision, de l’humour, du recul, un amour immodéré pour notre si belle et si compliquée langue française, pour ses auteurs et pour l’écriture. Rien, non rien de rien, non, je n’ai rien appris de nouveau HORMIS que je suis très contente de fréquenter une écrevisse vivante et en bonne santé, frétillant dans les eaux de cette giga blogosphère et quand je pense que j’aurais pu passer à côté en allant pêcher le bon air ailleurs, (je ne pêche rien d’autre, madame), j’ai un frisson de peur…

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    1. C’est trop d’hommage, chère amie, mais c’est trop dommage de refuser ces louanges qui me vont droit au coeur. Alors je t’en remercie.
      C’est vrai que la langue française me passionne dans ce qu’elle a de gigantesquement incommensurable. Je la trouve et l’aime belle, quand elle n’est point souillée par l’usance actuelle de certains qui réduisent à peau de chagrin les fondamentaux qui la constituent et la décline sous la forme d’une ordonnance médicale.

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  5. Pour ma part, j’aurais bien trop peur de finir écrevéttée, comme Omar qui l’a tuer, et histoire de ne pas se poser 2001 odyssées de questions, je me demande si je ne vais pas re-fléchir devant l’écran et le mot tif de ma motivation à répondre à toutes ces questions non posées. Du moment que les mots sont taillés droits, ça devrait pouvoir le faire. Faut juste pas être pressés…
    Bigre, chère écrevisse ! Qui l’eut crue ne l’eut pas cuite. N’est-il point ?
    Je pense pouvoir plonger dans le court-bouillon d’ici le mois prochain.

    Aimé par 4 people

    1. Intrigant ! C’est exactement à la queue de langouste précise et au cheveu prêt la question que je me posais. Et à savoir si elle se dilate ? Je sens que ça va encore m’empêcher de dormir cette question là.

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      1. Je connaissais un thon dont la mère n’avait cure qu’il écrive et, oh deep oedipe, ce qu’il aurait aimé que, pour elle, ses filets d’écriture aient la maille… Au moins ! Donc, il plongeait aux tréfonds des abysses de son inspiration jusqu’à, sous la vase stagnante à priori, trouver la coquille qui ferait du texte une perle.
        Ce combat sans fin eut raison de lui jusqu’à émietter sa confiance !

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      2. Est-ce possible que la mère n’ai pas dit à son thon de fils qu’il avait la perle en lui sans nul besoin d’aller y chercher une coquille au risque d’en faire une perle en boite si bien enfermée que le seul combat serait de prendre l’ouvre-boite ?

        Aimé par 2 people

  6. Quelle ecrevicruciforce de caractère d’oser s’auto-frotter à cet auto-exercice d’auto-style alliant auto-honnêteté à auto-modestisme… J’ai personnellement 2000 questions que je n’aimerais pas me poser de peur de trouver les réponses…
    Ecrire me semble un plaisir, tout simplement, et chacun(e) de nous est son meilleur pourvoyeur de plaisir à mon sens !! Longue vie à l’écrevisse non ébouillantée !!!

    Aimé par 3 people

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