Dimanche en poésie : Werner Lambersy

Tu viens
de me quitter
comme
s’éteint
la minuterie
en plein
milieu
de l’escalier

Et j’écoute
contre
ma coque
battre
le clapotis
des rades
où s’entassent
les rafiots
qu’on veut
mettre à la casse

couché
sur les ballasts
de la nuit
j’écoute
contre un rail
la basse
décroissante
du passage
en tempête
de nos trains
de grandes
lignes
aux couchettes
d’acajou

Tous les quarts
d’heure
la radio
donne
de tes nouvelles
car tu portes
tous
les noms
de cette solitude
si naturelle
aux hommes
qu’ils
en parlent sans
te nommer

Werner Lambersy, 2001
Extrait de Rubis sur l’ongle


Werner Lambersy vit et travaille à Paris (France) où il est actuellement responsable de la promotion des lettres belges de langue française à Paris. Il est avant tout poète, un des plus importants de la Belgique francophone à l’heure actuelle. Tout en variant dans leur ton et leur forme de l’extrême dépouillement à une respiration ample, sa poésie, à travers quelque 40 ouvrages publiés, poursuit une méditation ininterrompue sur le dépassement de soi dans l’amour (tant charnel que mystique) et l’écriture. Son œuvre maîtresse à ce jour, Maîtres et maisons de thé (1979), est largement reconnue comme un des sommets de la poésie française depuis la guerre pour la puissance de ses images et la profondeur de sa vision.

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7 réflexions sur “Dimanche en poésie : Werner Lambersy

  1. Moi aussi il va falloir que j’investisse dans un recueil, je l’aime trop, enfin à travers toi et ce que tu nous a présenté ! C’était mon poème du soir, je vais dormir sur cette réflexion poétique qui me parle; me murmure à l’oreille même… Bises ma Tine et merci toujours pour tes excellents choix… ♥

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  2. A reblogué ceci sur Niala – Loisobleuet a ajouté:
    L’aurais-tu deviné Martine, les femmes ont une acuité particulière pour lire ce type de pensée, après avoir lu ton propos du jour, ce poème, j’ai eu le sentiment que tu venais de l’écrire à ma place. Présence réconfortante, du soutien que l’amour apporte sous la forme décente qui convient. Aussi proche que l’on puisse se trouver de l’ami qui pleure, on ne peut que constater qu’il est impossible d se faire ses larmes.. Elles n’appartiennent qu’à celui qui morfle. C’est bien, aussi je te reblogue pour que tu saches que je te dis merci.
    N-L

    Aimé par 1 personne

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