La gare vierge

Tu cherches des yeux qui reportent le temps
Des yeux qui ont touché le temps
Des yeux qui remisent la crise
Des yeux dans l’heure glauque qui avancent vers nous
L’aube dort sur la gare difficile
Ma gare est sans départ…
La solitude est une vitre
Est-ce que des anges vont sur ce rempart ?
– Tu me regardes, ô vie, je te regarde –
Et à nouveau je sais un peu le temps
Qui se reporte et nous regarde
Le jour et la maison plus souples
Et la mer à côté qui attend
Je sais aussi le pointillé des larmes de la pluie
Qui visitent ma vitre
Un ange heureux comme une forme de mère peut-être
Voudrait se pencher sur nous deux
L’aurore maintenant s’affadit sur la gare
Pendant que dans la cour jouent des anges pleurant
Sur la mâchoire cassée du temps
Je voudrais que les regards soient anges
Mais aujourd’hui ma gare est vierge
Ma gare sans départs ni triage ni fards
Où devraient bien passer des anges
– Le ricochet des anges –

Gabrielle Althen

 


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