Salah Al Hamdani, Gréement de la mémoire

SALAH AL HAMDANINe passe pas par ici
et ferme la fenêtre de ce matin trop froid
Les canailles ont détruit la fiole du mystère
les choses ont vieilli
et la sécheresse a escaladé ma gorge
Entre les rides de ton exil et le pardon aux

assassins d’hier

comment converses-tu avec la douleur ?

À la fin de la guerre
les exilés ne sont pas rentrés
Leur ciel s’est perdu dans les recoins du passé
et les jours, comme des sauterelles
ont été sacrifiés aux cendres

Sur l’eau, sur les cartes de vœux
sur le quai des saisons
nulle trace de leurs membres rescapés
nulle empreinte de leurs nuages compagnons

Il n’y avait plus que le vide qui soufflait
avec les gémissements des disparus
et au-dessus
la lune de ma mère
qui s’évanouissait dans la solitude…
Regarde, Père
la lune de ma mère est morte !

Salah Al Hamdani,
in apulée # Galaxies Identitaires,

© Zulma, 2016,
traduit de l’arabe par l’auteur et Isabelle Lagny

 

5 réflexions sur “Salah Al Hamdani, Gréement de la mémoire

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