Sphinxera bien qui sphinxera le dernier

Sphinxitude I

Personnages en présence :
– Professeur Taurus, chercheur en tout et rien
– Mademoiselle Dithyrambe, son assistante
– Le Sphinx de Gizeh, alias Monsieur Andro Sfinga, un patient androcéphale
– Monsieur Rx Bodo


Le professeur Taurus compulsa son agenda pour connaître le nom de son futur consultant. Sa secrétaire, Mademoiselle Dithyrambe, avait inscrit « Monsieur Sfinga ».

Il demanda à son assistante de faire entrer le patient.

La silhouette qui se profila à l’entrée de son cabinet le cloua sur place, mais, conservant sa dignité de thérapeute, il s’efforça de rester de marbre. Comme son vis-à-vis, au demeurant.

– Où vais-je donc l’installer ? Mon divan va ployer sous sa masse !
– Ne vous inquiétez pas pour moi ! J’ai l’habitude de ne pas m’asseoir, ni de m’allonger. Ça fait plus de 4 500 ans que je demeure dans la position que, perplexe, vous contemplez en ce moment.

L’éminent Professeur n’était pas très loin de perdre son latin.

– Révisez vos classiques, très cher. C’est en chamito-sémitique que nous devrions échanger ! Les Romains n’étaient que des scurriles culs de plomb.

Le personnage semblait lire dans les pensées du médecin qui n’avait pas encore proféré un mot.

– Bon sang, c’est moi qui d’ordinaire décrypte les élucubrations internes de mes patients ! Celui-ci a l’œil perçant !
– Ah non ! Vous n’allez pas me prendre pour mon cousin Hiéraco! Quelle horrible méprise !

Le psychiatre décida de prendre le taureau par les cornes, mais l’autre lui en coupa immédiatement l’idée :

– Et voilà que, de peu, vous me confondiez avec mon autre cousin Crio!

– Bien. Allons au fait. Que puis-je pour vous ? réussit à proférer le psychiatre.
– Voilà. J’ai un très grave problème relationnel avec un sphinx qui toutes les nuits pénètre mes orifices nasaux. Et toutes les nuits, je dois me retenir d’éternuer pour que ma contexture ne s’effrite pas. Les touristes, voyez-vous, me fuiraient.

Le spécialiste se sentit revivre : il pouvait enfin mettre une étiquette sur l’étrange individu. Il avait affaire à un guide touristique mégalomane, traumatisé par une très apparente, mais visiblement très ancienne, fracture du nez.

– Je vois. Dites m’en davantage sur cette sensation qui vous envahit toutes les nuits.
– Ah mais ce n’est pas une sensation, c’est une réalité ! Dès que tombe le jour, ce sphinx vient titiller mes cavités nasales ; il entre, il sort… il entre, il sort… me chatouille avec ses ailes. Non non, ce n’est pas un papillon, ni un oiseau !  Ça me donne envie de m’ébrouer ; mais vous comprendrez que dans ma position, c’est absolument impossible ! Mon pays compte sur moi ; si je me disloque, plus de livres dans les caisses !

Mentalement, le Professeur récapitulait ses connaissances : un homme au nez cassé (un ancien boxeur ?). Imbu de lui-même (« ma position » ; « mon pays compte sur moi »). Persécuté par une chimère (si ça n’est pas un papillon ou un oiseau, ça ne vole pas un sphinx). Les pièces du puzzle commençaient à s’assembler : il en restait une, cependant, qui l’interrogeait : des livres qui disparaîtraient ? Mais son interlocuteur reprit la parole.

– Qui suis-je ?

– Qui sont mes cousins ?

– Qui est ce sphinx qui m’asticote les narines ?

– Et quelles sont nos particularités respectives ?

Taurus, complètement abasourdi, se racla la gorge.

– Ne vous emballez pas dans du papier à fleurs. Vous avez, cher Monsieur, jusqu’au vingt du mois second, pour fournir les réponses. Mais ce n’est pas à moi que vous les donnerez ; je serai déjà retourné dans mon pays. Contactez de ma part mon ami Bodo, le maître de ces lieux. Il comprendra et vous réservera un accueil des plus chaleureux.

Sphinxitude II

Personnages en présence :
– Professeur Taurus, chercheur en tout et rien
– Mademoiselle Dithyrambe, son assistante
– Monsieur Edmond About
– Monsieur Honoré de Balzac,
– Monsieur Victor Hugo
– Monsieur Joris-Karl Huismans 


Le Professeur Taurus se trouva fort éplapourdi, quand son pas scient (qui en savait bien plus qu’il ne voulait le dire) s’en fut allé. Il fit appel à Mademoiselle Dithyrambe pour qu’elle l’aide à remettre ses émotions dans l’ordre qui sied à l’éminent scient-ifique qu’il était, mais qu’il n’était plus trop certain d’être.

Je pratique assez énergiquement le nihil admirari ; mais je reste tout ébahi et tout pantois devant cette étrange cérémonie.*
– Professeur, cet individu vous a complètement emberlucoqué le raisonnement. Ce singulier personnage a pénétré vos passions et lu dans votre cœur, tandis que chez lui tout était si bien clos qu’il semblait avoir la profondeur immobile d’un sphinx qui sait, voit tout, et ne dit rien.*
– Un sphinx, dites-vous, ma chère ? Peut-être avez-vous raison. Le rictus des mascarons prenait une expression étrange ; deux sphinx casqués, à mamelles de femmes et à oreilles de faunes, paraissaient chuchoter.*  Ce personnage qui s’est intrusé dans mon cabinet serait-il un sphinx ?

La perplexité de Taurus allait croissante telle une lune gibbeuse qui caresse de son éclat une statue thérianthrope.
Cette idée lui remémora une phrase de Joris-Karl Huismans : L’artiste se gaudit de cette collection de nez ; il y avait des pieds de marmites, des nez à retroussis, des nez gibbeux, des pifs épatés et fendus.*

Une collection de nez ?  Celui de son patient, mutilé, avait été au centre de leur entretien ; il affirmait qu’un sphinx le visitait chaque nuit…

– Mademoiselle Dithyrambe, pouvez-vous appeler Monsieur Sfinga, et lui demander son prénom et sa nation d’origine ? J’ai remarqué qu’il parlait du piton, avec un drôle d’accent.

Elle revint rapidement avec les informations : Andro, Monsieur le Professeur. Et il est originaire de Prešporok, en Slovaquie.

– Andro Sfinga… Andro Sfinga…Slovaquie…

Le visage du professeur s’illumina soudain :

– J’ai compris, j’ai dénoué la première énigme ! Mon patient est un Androsphinx, un sphinx à tête d’homme, un lion androcéphale. Sphinx se dit « sfinga » en Slovaque ! Mademoiselle, je pense que nous avons reçu la visite d’un avatar du Sphinx de Gizeh. Voilà pourquoi son appendice nasal est atrophié ! Mais ça n’explique toujours pas ce que vient faire un autre sphinx dans les trous de son organe olfactif, ni qui sont ses cousins….

spinx de Gizeh

Sphinxitude III

Personnages en présence :
– Professeur Taurus, chercheur en tout et rien
– Mademoiselle Dithyrambe, son assistante
– Un des Sphinx du temple de Kamak, dit Criosphinx, alias Crio Sfinga de Prešporok
– Madame Isaa


– Pourquoi nous montre-t-il un visage sans nez ? demanda Taurus à Mademoiselle Dithyrambe.
– Que voulez-vous dire, Professeur ? il ne vous tout de même pas montré son arrière-train ?
– Voyons, reprenez-vous, chère ! Et demeurez dans la plus stricte décence !
– Vous allez encore vous alambiquer la cervelle, Monsieur !
– Il ne peut pas être dit que Taurus ne saura résoudre une énigme, aussi sphinxée soit-elle ! Il y va de ma renommée interplanétaire. Mais revenons à cette affaire de nez qui gra-chatouille par l’entremise d’un sphinx volant.
– Mais, Professeur, l’identité des cousins d’Andro Sfinga ne serait-elle pas importante pour désentortiller ces logogriphes ?
– Me prenez-vous donc pour un colas tombé de la dernière pluie ? Bien sûr que les cousins ont un rôle à jouer dans cette affaire !

Un vacarme épouvantable interrompit leur conversation.

– Mais qui donc fait un tel carillon dans le vestibule ?
– Parce que vous appelez l’entrée de votre cabinet un vestibule ! Dans mon temps, cher Monsieur, les propylées étaient autrement plus généreusement monumentaux que ce portillon ! Mais, je vous parle d’un temps que les moins de quatre mille ans ne peuvent pas connaître !

De l’individu vociférant qui venait de faire irruption dans le cabinet du spécialiste, Taurus et son assistante ne distinguaient qu’une espèce de rhyton suivi par un agglomérat statuaire qu’à première vue ils ne pouvaient identifier : un peu d’humain, un peu de fauve, un peu d’ovidé. Le phénomène était arrivé calebasse rabattue et naseaux fulminants.

– À vue de nez, on peut dire que son museau est intact ! murmura Mademoiselle Dithyrambe.
– Et si un sphinx s’amuse à venir lui gra-chatouiller l’organe, il y a fort à parier qu’il se fera exploser, ajouta le Professeur.

Alors que leur stupéfiant visiteur soufflait, vitupérait, vilipendait, œilladait sans vergogne la demoiselle épeurée, ils zyeutaient à la dérobée le seuil du cabinet complètement défoncé par les coups de boutoir qu’il avait eu à encaisser. Ils scrutèrent plus longuement l’olibrius. Les quinquets écarquillés, la bouche en cul de poule, l’assistante chuchota (et ça n’est pas si simple que ça avec une bouche comme ça) :

 – Avez-vous remarqué ses cornes spiralées ?

Isa sculpture
Clic pour visiter le site de l’artiste

Le professeur,  tel un nourrain dyspnéique, ouvrait et fermait son bec sans qu’aucun son n’en sorte.

– C’est bien ce que m’avait dit mon cousin Andro, hurla le monstre, en rodomont. Vous êtes un âne bâté ! Vous ne savez pas distinguer un ἀνδρόςΣφίγξ d’un κριόςΣφίγξ ! Pffffffff ! Et ça se prétend professeur ! Mais où donc avez-vous fait vos humanités ! Le pire, c’est que vous vous prétendez humain et que, mes cousins et moi, vous nous tenez pour mythes fantastiques ! Je vais vous présenter γεράκιΣφίγξ ! À nous trois nous faisons la paire !
– Si je puis me permettre, argua Taurus, à trois vous ne pouvez former une pai….
– Mais taisez-vous donc ! Cessez vos péroraisons jaspineuses, monsieur-je-sais-tout ! Je vais vous poser mon énigme. Craignez l’ire de mon cousin si vous ne la résolvez pas : il est bien capable de vous dévorer le foie !

« D’abord, pensez au premier de ce qu’il faut apprendre
Lorsqu’on ne sait rien à l’âge le plus tendre.
Ensuite, dites-moi donc ce que fait par naissance
Celui qui, au palais, a élu résidence.
Enfin, pour découvrir la dernière donnée,
Il suffit de la prendre à la fin de l’année.
Vous connaîtrez ainsi la créature immonde
Que, pour rien au monde, vous n’embrasserez. »

Sphinxitude IV

Personnages en présence :
– Professeur Taurus, chercheur en tout et rien
– Mademoiselle Dithyrambe, son assistante
– Monsieur Hiéraco Sfinga, dit Hiéracocéphale
– Imhotep, le chat de Mademoiselle Dithyrambe
– Professeure Jacou
– Professeure Monesille
– Madame Valentyne
– Monsieur Georges Courteline


κριόςΣφίγξ, dit Crio Sfinga de Prešporok ne put pas claquer la porte en sortant, il l’avait intégralement brésillée*. Mais sur son échine, il embarqua Imhotep, le chat de Mademoiselle Dithyrambe.

Ébahi, ébaubi, stupéfait, le Professeur Taurus perdit ce qui lui restait de dignité émotionnelle et, larmoyant, prit son assistante dans ses bras.

– Qu’allons-nous devenir ? Voici deux ronde-bosses* qui nous rendent visite, qui tourneboulent nos raisonnements, et le dernier nous menace d’avoir le foie dévoré par son cousin, si nous ne répondons pas à son absurde énigme !
– Monsieur, permettez ! Je ne suis que votre assistante, donc aux yeux de vos visiteurs, quantité négligeable. C’est à vous de répondre aux énigmes !

Elle se retint de dire : c’est VOTRE raisonnement qui est tourneboulé, c’est VOTRE foie qui sera ruiné. Alors, les yeux modestement baissés, ainsi qu’il convenait à son rang d’auxiliaire sans envergure, elle s’osa à donner un avis.

– Professeur, vous avez reconnu les deux premiers visiteurs : le premier n’était autre que le Sphinx de Gizeh, le deuxième s’était échappé de l’allée des sphinx criocéphales du temple de Kamak de Louqsor ; pas très difficile à reconnaître avec sa tête de bélier ! La troisième race de sphinx est celle des hiéracocéphales, à tête de fau…

Elle ne put achever son raisonnement. Par la béance de la porte parut, d’abord un bec, court et recourbé, puis deux yeux noirs perçants ; suivait une masse plumée, tentant de battre des ailes dans l’exigu couloir, mais les pattes… oh ! les pattes… absolument léonines.

– Vous devez votre grâce à vos consœurs la Professeure Jacou et la Professeure Monesille, Taurus ! piailla-brailla l’oiseau. Elles ont su décrypter l’énigme posée par mon cousin κριόςΣφίγξ ; sans elle, je venais vous bouffer le foie !
– Je ne sais qui vous êtes, Monsieur-Mondame-Masieur-Madame, mais je ne vous permets pas tant de vulgarité dans mon cabinet ! Quel mot avez-vous employé ? Bouffé ? En parlant de mon foie ? Quel mauvais usage de la langue ! L’auriez-vous fait enfler en le picorant ? Oui, je sais, vous vous seriez « empiffré comme une oie », en empruntant le Train de 8 h 47 de Monsieur Courteline. Et si, Monsieur-Mondame-Masieur-Madame, vous êtes qui je pense (mais auquel vous ne ressemblez que de profil), vous n’êtes qu’un émerillon* de petite envergure. Vous n’êtes qu’un oiseau de mauvais augure. Ne cherchez donc pas à m’impressionner ! Vous n’avez pas la tête de l’emploi et, tel un coucou rapineur, vous vous prétendez de la race des seigneurs dans le lit desquels vous vous vantez de vous immerger. Vous ne fûtes bon qu’à orner quelques pacotilles ; alors vous ne m’en imposez pas !

Le Professeur Taurus avait repris du poil de la bête en contemplant cet escogriffe à rémiges qui restait bec ouvert devant tant d’outrecuidance.

– Vous ne m’intéressez pas, reprit-il. Vos cousins ont excité ma curiosité et c’est moi qui, maintenant, vais vous poser une énigme :

Ce sont deux sœurs de la Grèce ancienne (frère et sœur sont-ils maintenant). L’une donne naissance à l’autre qui, à son tour, donne naissance à la première. Qui sont ces deux sœurs ?

Et, question bonus, qui sera le sphinxfinal, celui qui gras-chatouille les naseaux d’Andro et donne le chat-rit-varis à  mon amie Valentyne ?
Vous avez jusqu’au vingtième jour de ce mois pour rendre réponse à Rx Bodo. Si vous défaillez, sachez que je confierai votre rostre dérisoire à l’un de vos cousins, qui, grâce à votre bouffissure, Monsieur ἱερακοσφίγξ, libérera Monsieur Andro Sfinga de la géhenne qui lui jaffe* les orifices.

Sphinxitude v

Personnages en présence :
– Professeur Taurus, chercheur en tout et rien
– Mademoiselle Dithyrambe, son assistante
– Sphinx Verspertilio, dite Madame Chauve-Souris

– Professeur Monesille
– Monsieur Martin Schongauer
– Monsieur Thomas Fersen


Le professeur Taurus, tonnant, tonitruant et fulminant, hurla :

– Je ne vous reconduis pas, espèce de tétrapode demeuré ! Et ne revenez que le vingtième jour de ce mois pour me livrer la clef de cette dernière énigme ! Quant à moi, je vais examiner l’ensemble du corpus de cette aventure abracadabrantesque. Venez avec moi, Mademoiselle Dithyrambe et cessez de pleurnicher parce que votre chat s’en est allé sur le dos d’un bélier travesti !
– Mais où allons-nous, Professeur ? geignit l’indispensable assistante.
– Cessez les questions comme les jérémiades ; j’ai ma petite idée et je pense que la Professeure Monesille va nous aider à débrouiller cet imbroglio. Nous allons retourner dans La Prairie à trois coins, chère à ma consœur.
– Pour faucher de nouveau l’herbe d’or ? Vous souvenez-vous que cette escapade vous a conduit dans la clinique du Professeur Serre Ébral ?
– Certes, Mademoiselle, mais je suis convaincu que c’est dans cette clairière que nous découvrirons le secret de cette triade de bestiaux contrefaits. Cette histoire de sphinx qui chatouille les naseaux m’a rappelé une conversation que j’ai eue en secret, cette nuit-là avec Monsieur Griffon. Vous souvenez-vous de lui ? Regardez attentivement cette esquisse réalisée par Martin Schongauer lorsqu’il m’a trouvé gisant dans l’herbe d’or.

Martin_Schongauer_Griffin

Nous retrouvons les jambes de cet escogriffe de κριόςΣφίγξ , et la tête et les pattes griffues du dénommé ἱερακοσφίγξ. Je suis certain que c’est lui, ce griffon, qui détient la clef de notre énigme et qu’il pourra nous dévoiler l’identité de cette quatrième chimère qui provoque les irrépressibles sternutations de Monsieur Andro Sfinga, alias le Sphinx de Gizeh. Ne perdons plus de temps.

Parvenus à la sommière, Taurus et son assistante furent plongés dans une féerie aussi surnaturelle que déconcertante : autour de ce qu’ils pensèrent d’abord être un drôle d’oiseau, voletaient elfes, gobelins et korrigans.

John Anster Christian Fitzgerald - Fairy Hordes Attacking a Bat sphinx verspertilio

« Ce sont deux sœurs de la Grèce antique (frère et sœur sont-ils maintenant).
L’une donne naissance à l’autre qui, à son tour, donne naissance à la première.
Qui sont ces deux sœurs ? »

psalmodiaient les farfadets.

Balt(h)azar – avec ou sans hache – n’y est pour rien, mais Dame Monesille possède la solution : le jour enfante la nuit qui, à son tour, donne le jour… au jour, justement. C’est la raison d’être de Sphinx Verspertilio, la chauve-souris, que de vivre à l’envers, tête et temps.

– Un nouveau sphinx, soupira Mademoiselle Dithyrambe.
– Non, cette fois, il s’agit du vrai sphinx de cette histoire à dormir les pattes en l’air ! Écoutez son chant. Et qui, la nuit, chat-gratouille les évents de notre androsphinx à tête d’homme et à corps de lion, le tumulus taillé à la gloire de pharaons momifiés.
– Mais Imhotep ? osa-t-elle timidement. Ce n’est pas un vrai sphinx, lui ?
– Imhotep ? Depuis que κριόςΣφίγξ l’a embarqué sur son dos, il nage en plein bonheur !

©Martine – 20/02/2016
Écrit pour l’agenda ironique de Rx Bodo, le Grand fédérateur du mois de février

 Écri’turbulente sur FB

 

 

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21 réflexions sur “Sphinxera bien qui sphinxera le dernier

  1. Elémentaire mon cher Watson ! Enfin pour tout dire j’avais vraiment répondu au pif (hi,hi en parlant de nez, en fait j’en avais eu )
    Néanmoins (avec jeu de mots !) cette histoire nous a amené beaucoup de distractions greffées sur un bonne base de culture !
    J’irais bien dans le bain, moi avec le chat et la musique de Leonard Cohen !

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  2. Quand je pense à toutes les nuits blanches passées à chercher la réponse, alors que la réponse était dans l’insomnie du jour qui passe ! Les votes vont s’avérer d’une complexité énigmatique, les ondes hertziennes de Bodo vont exploser l’audimat !
    Entre la saucisse de Morteau, le figatelli Corsien, la sinusalité du naseau et la réfection du vestibule, gageons que le tableau de vote tienne le coup.

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  3. Pour le vestibule à refaire, je verrais bien des embrasures dans des tons pastels tirant sur le vert émeraude et des meubles modernes faits de fer et de corde afin de créer une atmosphère chaleureuse tout autant qu’austère car les deux comptent.
    Un éclairage tamisé saura apporter un soupçon d’ambiance feutrée et un tableau représentant un crabe et des crèpes sur un bord de Méditerranée apportera la touche exotique et l’ivrée nécessaire à l’introduction en thérapie.

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    1. Et tu ne mets pas la tête de bélier en trophée sur le mur du fond, j’imagine ! Avec une crêpe qui pendouille au bout d’une des cornes spiralées… Et le crabe en piercing sur le bout des naseaux. Ça t’irait comme ça ?

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  4. Quelle sapience comme diraient tes commentateurs z-ailés et savants ! Mais c’est bien sûr ! Et j’aurais envie d’ajouter…une chimère ! Je le savais depuis le début ! Pfff ! C’est tellement facile quand on a la réponse ! 😆 Bravo ma Tine, c’est une nouvelle de haut-vol (de sphinx ailé bien sûr) ! Chapeau bas (et plumes de mousquetaire qui râclent le sol) ! Je les trouve très bien tes neurones !!! 😀
    P.S. : j’ai reçu cette News dis donc, n’est-ce pas là un miracle informatique inexplicable certes mais on s’en contera et remercierons le Pr Taurus qui a peut-être débloqué un code quand il cesse d’écouter ses patients qui débloquent !!!^^
    P.S. 2 : il y avait ma chanson préférée (au monde) sur la vidéo de fersen et ça fait deux fois que je l’écoute en boucle (Dance me to the end of love de Leonard Cohen, haaaa je défaille)…

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  5. Je me prosterne (à plat ventre) devant cette alambic dégénératif de créatures abscondes en faconde et devant, malgré tout, le self control de Taurus et de mademoiselle Dithyrambe, dont je suppute la beauté intérieure tout autant qu’extérieure, n’en déplaise aux variétés sphixiennes. Loué soit Ravel qui a l’instar de Thomas Fersen et de l’Ecrevisse me fit pénétrer dans le monde susmentionnée plus haut tel que décrit par le mirifique dessins ci-dessus : Jeunes filles, n’allez pas au bois. Il y a plein de satyres, de centaures, de malins sorciers, Des farfadets et des incubes, Des ogres, des lutins, Des faunes, des follets, des lamies, Diables, diablots, diablotins, Des chèvre-pieds, des gnomes, des démons, Des loups-garous, des elfes, des myrmidons, Des enchanteurs et des mages, Des stryges, des sylphes, des moines-bourrus, Des cyclopes, des djinns, gobelins, Korrigans, nécromants, kobolds … Jeunes garçons, n’allez pas au bois. Il y a plein de faunesses, de bacchantes et de males fées, Des satyresses, des ogresses et des babaïagas, Des centauresses et des diablesses, Goules sortant du sabbat, Des farfadettes et des démones, Des larves, des nymphes, des myrmidones, Hamadryades, dryades, naïades, ménades, thyades, Follettes, lémures, gnomides, Succubes, gorgones, gobelines …
    J’envoie tout le paquet chez Taurus illico ! « Ca va être coton de velours côtelé de voter ce mois-ci », proverbe du sphinx de Gizeh nasillant.

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    1. Jeunes filles et jeunes hommes, vous pouvez rendre visite au Sphinx… Là-bas, y’a pas de bois, c’est complètement désert, et vous a-t-on dit que les Sphinx Verspertilio ne viendront pas se nicher dans vos cheveux et que tout n’est que chimère ?

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    2. Je plussoie, sauf à déplorer l’absence de crabe dans les mares du bois joli (pourtant, chez l’écrevisse, le crabe devrait être comme-à-la-maison)
      « ça va être coton de voter »… yauraka voter blanc coton

      🙂

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    1. Hou ben là, mon imagination commençait à pédaler dans la choucroute qu’un INI (individu non identifié) avait posé dans mon assiette et que j’ai dû très vite ingurgiter pour donner de l’air à un petit renard en train de s’étouffer sous une rondelle de Morteau fumée…

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  6. Tout se Corse, chef-lieu Ajaccio ! Je me rends compte avec horreur que j’ai loupé des épisodes et je dois reprendre point ta point, comme disait mademoiselle Dithyrambe au dernier colloque où je l’avais rencontrée dans les toilettes pour dames. Dites, je vous signale que, dans mon dernier écrit oedipien, je vous nomme expressément afin que tout le monde sache à quel point le professeur Taurus, ce cher homme, peut marquer des générations de chercheurs enthousiastes et de linguistes chevronnés. Le professeur étant distrait, il ne l’a même pas remarqué, snif ! Qu’à cela ne tiesse, comme il dit dans un wallon bien de chez nous, bon sang ne saurait mentir. Je relis les épisodes précédents. A tout de suite, cher Professeur.

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    1. Ma chère Ann’amie,
      Je dois vous avouer qu’un Sphinx Verspertilio, depuis un mois, s’est empêtré les ailes dans mes neurones, me privant ainsi du temps pour lire commentaires et participations au défi chimérique que nous avait posé Rx Bodo.
      Je suis en retard, très en retard, à la bourre, très à la bourre, occupé suis-je à désemberlificoter les composantes électroniques qui relient mes 00000000000000000000000 cerveaux (je vous remercie d’installer le chiffre qui vous sied devant cette liste de zéros)…
      Voici, l’oubli est réparé, et je m’en vais de ce pas/ré/diger/nérée une réponse absolument adéquate à votre ingénieuse, spirituelle et sagace réflexion œdipienne.
      Professeur Taurus, pour vous servir 😉

      Aimé par 1 personne

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