Marie Uguay, poèmes

20160214_161458 marie Uguay

Finitude de chaque île qui dérive
au large occupé de l’avenir
dans les tristes inclinaisons du soir
quand les vents s’acharnent à toutes les portes

L’île saigne de trop d’exodes accumulés
de trop de jours répétés dans l’aveu des lassitudes

Lente retraite des paysages où la mémoire
est la seule attache aux rives décousues du temps

Marie Uguay, Poèmes, (1955-1981)
©Boréal, janvier 2015

Lire la biographie de Marie Uguay

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Pour les Cahiers des Poésies du jeudi, tenus par Asphodèle,

Ont participé :

1 – Monesille  avec « L’horloge » de Maurice Carême
2. Asphodèle, avec « Le poète tardif » Philippe Jaccottet
3 – Soène avec « Limbes lumineuses » chez Henri Michaux
4 – Valentyne et « La langue verte » de Norge.
5 – Marie, avec « La brise vagabonde » d’André Gide.
6 – Modrone-Eeguab avec « L’éblouissement bleu de l’éclair »  ‘d’Allen Ginsberg.
7 – PatchCath et « Je t’offrirai » de Alain Verdure…
8 – Sharon et Nunzi avec « Roses de Sââdi de Marceline Desbordes-Valmore
9 – LylouAnne,  avec Jean de la Fontaine et « L’homme et son image »,


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18 réflexions sur “Marie Uguay, poèmes

  1. J’ai pris mon temps pour venir déguster les poèmes de cette session, autrement je suis obligée de lire et de commenter à toute allure et c’est désagréable. J’avais comme Asphodèle peu goûté cette poésie chez Schabrières, j’avoue que là elle s’est plantée dans mon coeur. Le dernier vers en particulier, qui laisse pressentir cet effilochement de la vie.

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  2. Trop de poètes meurent jeunes! j’aime les deux poèmes que tu cites : ces îles ou ces campagnes (je pense à mes Cévennes) qui ne sont plus que la mémoire des choses et ce couple séparé par sa méconnaissance mutuelle, enfermé dans sa nuit. Très beau!

    Aimé par 1 personne

    1. Il n’a pas été donné à cette jeune et belle dame le temps de faire encore plus foisonner les mots. Hélas.
      Mais alors qu’elle luttait pour sa vie, elle savait l’urgence d’en dire la beauté et la désespérance aussi.

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  3. Ce poème est émouvant et sa biographie aussi ! J’ai eu un serrement de coeur quand elle dit « que son écriture n’aura pas le temps d’atteindre la maturité à laquelle elle aspire »… Bah tu vois, je la vois d’un autre oeil ! Je n’avais pas été convaincue chez Schabrières, pas plus que cela disons mais là je suis séduite ! 😉

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    1. Je vais te faire un aveu. À l’origine, ce n’est pas ce poème que j’avais programmé. Mais quand tu m’as dit que tu appréciais ce que tu connais de Marie Uguay, sans enthousiasme toutefois, je me suis replongée dans mon recueil pour dénicher quelques vers qui pourraient davantage te séduire. Voici celui que j’avais choisi. Aurais-tu succombé ?

      « les jours suivaient les contrastes dessinés sur le mur
      dès la matinée l’espoir des longs arbres se délassant
      dans la fraîche distance du bleu et de l’ocre
      le monde nous était fermé
      et nous étions séparés dans le même sommeil

      midi froissait la fenêtre et les toits
      il tombait de simples fardeaux de mémoires et d’appels
      chacun avait les coudes posés sur la table
      le monde nous était fermé

      jusqu’au soir
      quand la pâleur engendre l’ample lointain des surfaces
      et sa dure densité de méconnaissance mutuelle
      le monde nous était fermé

      il faisait nuit pour nous deux »

      Marie Uguay

      Aimé par 2 people

      1. Tu sais que tu es vraiment…trop…trop je n’en trouve plus mes mots ! 😉 Tu as encore visé juste, effectivement je trouve celui-ci très beau mais plus « technique »…il y dans l’autre, un élan spontané, un souffle que j’ai adoré ! Dans celui que tu as choisi aujourd’hui… Il y a aussi dans celui-ci des vers de toute beauté, ce n’est pas que je n’aime pas (nous sommes d’accord ?), par exemple « Quand la pâleur engendre l’ample lointain des surfaces »…mais le vers d’après, du coup, me semble plat ! Ou encore « Il tombait de simples fardeaux de mémoires et d’appels »…Tu me connais vraiment très bien ! ♥

        Aimé par 1 personne

    1. Quand les mots en « tude » chantent la poésie, ils sont généralement beaux. Lorsqu’ils servent la démagogie et/ou le m’as-tu-vu, ils frisent souvent la niaisitude. 😉

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      1. Je n’avais pas lu sa biographie, que je suis allé découvrir aussitôt. En effet, à croire parfois que la poésie, quand elle est si incandescente, brûle ceux là même qui l’ont allumée en frottant leurs mots comme des silex avec ferveur.

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