Yannis Ritsos, Grécité

Jusqu’au bout

Ces mots, ne les dis pas aux autres, cache-les.
On enlèverait ton portrait
Du mur blanc de l’école clandestine
(Ce portrait que certains matins de printemps
Un bref instant le soleil éclairait ; la vitre brillait ;
Tu le vis une fois – peu ressemblant – mais il te plut)
Cache-les, te dis-je ; on enlèverait ton portrait
Sans même laisser sur le mur le clou vide
On mettrait un autre portrait, quelqu’un
De plus conciliant, plus innocent, plus hypocrite
Plus homme autrement dit
Sans conteste, beaucoup plus homme.

Yannis Ritsos, Grécité suivi de Après l’épreuve (1945-1947)
Traduction Jacques Lacarrière
Éditions Bruno Doucey, 2014


La Grécité (Ρωμιοσύνη, Romiosini, en grec) dans le dictionnaire français, est définie comme le « caractère de qui est Grec ».

Avec Yannis Ritsos  le terme « Romiosini » prend une autre dimension : c’est le chant de la souffrance des Grecs, celui de leur Résistance. Yannis Ritsos a écrit ce long poème à la fin de la Deuxième guerre mondiale (précisément entre 1945 et 1947 à Athènes) , après la chute de la dictature de Metaxas (1941).


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2 réflexions sur “Yannis Ritsos, Grécité

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