Rose Ausländer, Été aveugle

MIGRANTS

Les étrangers

Des chemins de fer amènent les étrangers
ils descendent regardent autour d’eux
On voit dans leurs yeux perplexes
nager des poissons apeurés
Ils portent des nez pas comme chez nous
des lèvres tristes

CLAIRE TABOURET MIGRANTS
Claire Tabouret, Acrylique

Personne ne vient les chercher
Ils attendent l’obscurité
qui ne fait pas de différences
alors ils peuvent retrouver leurs proches
dans la voie lactée
dans les creux de la lune

HARMONICA

L’un d’eux joue de l’harmonica –
des mélodies étranges
Une autre tonalité
habite l’instrument :
une suite imperceptible
de solitudes

Rose Ausländer, Été Aveugle, 1965


LOGOParticipation aux Cahiers des Poésies du jeudi, tenus par Asphodèle,


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30 réflexions sur “Rose Ausländer, Été aveugle

    1. « Lorsque je
      me suis figée
      dans le ghetto
      mon cœur
      est mort de froid
      dans la cave où je me cachais

      Survivante
      de l’horreur
      j’écris la vie
      avec des mots.
       »

      R.A.

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  1. Une actualité intemporelle, si j’ose cet oxymore…
    Très beau poème, j’aime beaucoup
    « alors ils peuvent retrouver leurs proches
    dans la voie lactée
    dans les creux de la lune »
    Bises célestes
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. « Un traîneau de neige monte
      jusques au ciel Qui a
      la clé de la promesse
      avec des poings de glace la terre
      se défend neige lave-la blanche
       »
      R.A.

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    1. « Rose, elle s’appelait Rose. Rose pour sa fragilité, rose pour sa présence au monde. Le nom qu’elle portera après son mariage sera Ausländer, « L’Étrangère », et Rose Ausländer aura été toute sa vie une étrangère, elle la rose de Bucovine. Elle l’errante, elle la survivante, elle se laissera souffler comme une bougie, si lasse à 87 ans, le 3 janvier1988 à Düsseldorf. Elle en avait tant vu et tant pleuré. Son histoire semble être le symbole du naufrage de cette Mitteleuropa, de cette culture de l’Europe centrale qui a disparu dans les flammes et les camps de la mort. »
      in Esprits nomades

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  2. J’ai aussi eu le recueil « je rêve le monde assis sur un vieux crocodile » après moulte péripéties, Trop bien ! j’attends de croiser petit trésor pour rééquilibre la balance de la Marseillaise 😀 Bises

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  3. D’autres vers glanés sur la toile :
    « J’ai appris
    Le langage du regard
    Dans le ghetto
    Alors que ma bouche
    Devait rester close
     »
    Et puis ceux qui achèvent « Pays maternel »
    « Amis revenons / Parmi les hommes. »
    Tout ceci est plein d’espérance là où « homme » redevient humain.
    C’est bien que le vivant doit l’emporter.

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    1. J’aime la poésie de Rose Ausländer dont je ne possède qu’un recueil, mais que j’ai envie de découvrir plus avant.
      Merci de tes choix, Jobougon ; c’est bien le vivant qui doit l’emporter, oui 😀

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  4. Le dernier vers est si beau! Et retrouver ses proches dans les creux de la lune…
    Merci pour cette découverte, Martine. Une solitude d’actualité…
    J’ai reçu le livre « Je rêve le monde, assis sur un vieux crocodile », les enfants l’ont beaucoup feuilleté, hier. Cela m’a fait plaisir!
    Bises

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      1. Pas de commentaires pour l’instant, mais l’effeuillage du livre était consciencieux! Ma dernière ne sait pas lire, mais elle se rappelait ce matin du poeme sur le crocodile avec les dents dehors et les dents dedans que je lui ai lu la veille, et elle était impressionnée par certaines illustrations.
        J’ai relu le poeme dont tu parles, du coup! C’est vrai qu’il est plein d’espoir! « Sauver le monde, un beau métier M’dame! »😄😄😄
        Bises

        Aimé par 1 personne

  5. Sacrebleu ! je pensais que c’était un poème écrit aujourd’hui. Mais le monde ne veut pas changer à la fin; il restera comme ça toujours à traîner ses béquilles ?
    Bonne journée Martine

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  6. On pourrait presque parler « d’âme slave » pour ce poème ! Il me rappelle les chants tziganes des exilés perpétuels… Et que le dernier vers est beau « une suite imperceptible de solitudes »… La musique en dit autant que les mots et elle peut être déchirante. Décidément, je l’aime beaucoup cette Rose… 🙂

    Aimé par 1 personne

  7. Quand l’instrument joue la mort
    la musique
    devient étrangère à l’amor
    Les camps d’extermination avaient leur orchestre
    qui jouait durant les pendaisons
    Les gares ont leurs violons
    que des passeurs ont mis dans l’étui
    Harmonica si tu me la joue orgue de barbarie
    je dis non à la complainte du négrier

    N-L
    04/02/16

    Aimé par 1 personne

  8. Chaque peuple a sa musique et pourtant tous les peuples aimes toutes les musiques des autres peuples, ce qui n’est pas forcément le cas pour le langage, parlons donc musique !
    Bises

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