Je rêve le monde, assis sur un vieux crocodile

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Présentation de l’éditeur :

Porteurs d’espérances ou ferments de résistances, démolisseurs du prêt-à-penser ou bâtisseurs d’utopies, les poètes ont de tout temps aiguillonné les évolutions du monde. Ils ont aussi fait bouger la langue pour mieux l’inscrire dans ce mouvement. Cette anthologie offre des textes de poètes vivants, qui vont dans ce sens en interrogeant, titillant, protestant, s’insurgeant, ironisant, imaginant et dessinant un monde nouveau.

Une petite vignette en ombre chinoise rythme le livre : un enfant perché sur un vieux crocodile, qui symbolise le vieux monde. Ensemble, ils se promènent de page en page, glissant dans l’album quelques chiffres ou faits réels qui alertent nos consciences et font réagir les auteurs.

Les tragiques attentats parisiens du début de 2015, suivis d’un rare élan de solidarité internationale, sont aussi évoqués : les poètes ont eux aussi envie de lever leurs crayons pour s’exprimer en confrontant obscurantisme et espérance.


4ème de couverture :

De page en page, un enfant voyage à dos de crocodile. Il observe le monde, regarde la télévision, écoute les informations… Il devient ainsi le témoin du malheur des humains et des périls qui menacent leur planète. De protestations en rêveries, des poètes d’aujourd’hui réagissent aux témoignages de l’enfant voyageur. Ils lui donnent à espérer des gestes de fraternité, des jardins solidaires. Et si c’était dans la poésie que se cachaient les plus belles graines de notre avenir ?


J’aime beaucoup les poèmes d’Olivier Salon et d’Alain Serres qui ouvrent ce recueil joliment illustré par Aurélia Fronty.

Chacun son nuage

Le vieux monde se traîne
comme un crocodile envieux,
laid, avare et honteux.
Il a été trop injuste avec les oiseaux,
trop cruel avec leurs plumes.

Le vieux monde n’ira pas loin,
comme un crocodile épuisé,
aigri, puant et brisé.
Il a été trop méprisant
envers les femmes aux paumes vides,
les hommes assoiffés
et le chant de leurs enfants.

Le vieux monde rampe maintenant
sous tes pieds,
comme un crocodile abandonné.

Et toi, debout sur son dos,
hissé sur les écailles du passé,
tu dessines
avec le rayon lumineux
de ton regard
une nouvelle mare,
où chacun boira bientôt
son nuage.

Alain Serres

Et l’enfant tournera les pages « où l’encrier des poètes explose de colère ou de mille rêves« .

Il y découvrira La faim, ailleurs et ici, avec Yves Pinguilly, Pef, Amina Saïd ; Le partage de l’eau, avec Bernard Chambaz, Lysiane Rakotoson, et Yves Pinguilly.

Il parcourra La route des migrants, aux côtés de Jacqueline Held et Yvon Le Men.

Avec Jean-Claude Touzeil, Alain Boudet, François David, Francis Combes, c’est de L’absurdité du racisme dont il prendra conscience.

Larmes

Mon frère
tu as les yeux bridés
les cheveux roux
une oreille noire
une oreille blanche
le corps violine

Tu es mon frère
et les pierres pointues
que l’on te jette
par les regards
et par les mots
percent mes joues
et font couler
toutes les larmes
de l’arc-en-ciel

François David

Les pauvres et les riches, l’inégalité des humains, le travail des enfants, le droit des filles à l’éducation, l’école à rêver autrement, la pub, la violence du monde, les attentats de janvier 2015, la guerre, l’air et le climat sur la planète, la solitude de l’enfance, sa fragilité, le monde dans les mains du poète….

Tout ce qui pourrait sembler rébarbatif aux yeux des enfants est là pour parler à leur cœur, en poésie. Avec leurs mots. Les images de leur fraîcheur. L’accessible de leur imaginaire.

Les textes inédits de vingt-trois poètes sont réunis dans ce recueil et forment une anthologie vivante et dynamique de cinquante poésies. Nous sommes loin des « récitations » d’antan !

Les métiers du futur

(Choisissez le bon)

Compteur de gouttes d’eau.
Gardien d’icebergs.
Blanchisseur de nuages.
Éleveur d’ombres.

2016-01-24-17-29-21 JE RÊVE LE MONDEPêcheur d’arêtes.
Cacheur d’instants.
Passeur de temps.
Réparateur de vélo volant.

Souffleur de neige.
Chercheur d’air pur.
Semeur d’oasis.
Berger d’oiseaux.

Peut-être rêveur
d’autres mondes.
Ou bien, qui sait ?
Sauveur de planète.

Et si c’était toi ?

Carl Norac

Et si c’était toi ?
lecteur adulte,
qui aimais aussi
ces poèmes ?

©Martine – 24 janvier 2016 

 Écri’turbulente sur FB

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12 réflexions sur “Je rêve le monde, assis sur un vieux crocodile

  1. Ha lala, ça y est tu m’as énervé le Dodo, on ne l’arrête plus ! Déjà qu’il se trouve des alibis douteux, alors si tu lui donnes du grain à moudre ! 😆 Très joli recueil que voilà ! Et ton billet est parfait comme toujours ! (au fait, je croise les doigts mais j’ai reçu la News pour ce billets, ha, cri de soulagement)…;)

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  2. Excellente chronique, comme toujours. Mais je ne sais si je suis le seul ou pas, dernièrement quand j’arrive sur votre blog, la page se fige et mon ordinateur me demande « d’arrêter le script »… or, cela ne le fait pas sur les autres blogs.

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  3. Cela m’a tellement tentée que je viens de le commander, j’espère qu’il fera les délices (et l’instruction) de petit trésor et viendra compenser cette abominable marseillaise qu’on lui fait apprendre en entier par coeur !
    Bises

    Aimé par 1 personne

    1. Quel âge a donc petit trésor, auquel on inflige l’hymne national ?
      S’il aime les mots, s’il aime rêver, il trouvera dans ce recueil tout ce qu’il faut pour alimenter son imaginaire et sa réflexion sur les choses du Monde.
      J’ai trouvé une version de la Marseillaise que tu pourrais proposer à son enseignant(e). Bonne journée, Monesille. Bisous

      J'aime

      1. Petit trésor a 7 ans CE1 : la marseillaise en entier par coeur ! En disant : berk ! Moi j’aurais fait un mot d' »excuse me madame, qu’est ce que ça veut dire un sang impur ? » mais ma fille applique : la maîtresse a dit, il faut le faire, tout en disant berk aussi ! J’envisager d’écrire une nouvelle version de la marseillaise mais je voir que tu m’en as envoyé une, je vais lui faire suivre !
        Merci en bises.

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  4. L’oiseau et le crocodile
    étaient cousins à l’aube des temps :
    il a suffit d’un seul instant et l’oiseau s’est r’enfouit dans l’eau
    de la plume est née l’écaille
    du bec sont venues les dents.
    ça n’est pas toujours facile d’aller dans le sens du temps.
    Le ciel, le vent, les nuages ?
    il reste leurs reflets dans l’eau et dans l’oeil du crocodile.

    je dis ça, mais je ne compte pas aiguillonner la poésie ce dimanche soir.

    Aimé par 1 personne

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