LES TROIS PETTS COCHONS

Je ne sais pas si vous voyez ce que je vois, comme questionne Walter Wick, dans un album superbe (même s’il date un peu, il peut tout à fait entrer dans la hotte du Père Noël 2015) parce que là je vois un sacré bastringue dans le ciel de notre planète. Tout est sens dessus dessous, je ne vous apprends rien. En cherchant un synonyme à bastringue, j’ai trouvé « bataclan », n’est-ce pas un signe ?

Oui, tous ces objets hétéroclites qui dégringolent dans un ciel à peine nuageux, ce loup qui les attend la gueule ouverte, ce petit lapin qui observe le prédateur et ce panneau multidirectionnel qui n’indique nulle direction à force de les indiquer toutes, me conduisent à la vision que j’ai du monde décadent dans lequel je vis. Ce n’est pas le ciel qui me tombe sur la tête, comme le craignaient  les Gaulois en 335 avant JC, quand ils rencontrèrent Alexandre le Grand.* C’est le fatras que nous y avons placé ! On peut imaginer qu’en ces temps d’avant, nos ancêtres, s’ils avaient pris le ciel sur la tronche, s’en seraient sortis sans grand mal. On peut imaginer que non seulement ils ignoraient tout de la couche d’ozone, mais aussi qu’aucune de leurs activités ne risquait de lui faire le moindre mal.

*Strabon, un historien, écrit : « Le roi leur fit un accueil cordial, et leur demanda ce qu’ils craignaient le plus, croyant bien qu’ils diraient que c’était lui. Mais ils répondirent que leur seule crainte était de voir le ciel tomber sur eux … », donc ils n’avaient peur de rien.

Je pense et espère que vous me voyez venir avec mes gros sabots lorrains (parce que, oui, je suis Lorraine), ou alors, c’est que j’m’est gourée dans mon avant-propos.

Ce n’est qu’hier après-midi que j’ai appris ce que signifie l’acronyme COP : une gentille et jeune dame, très convaincue, expliquait compétemment à une classe de CM2 comment et pourquoi il est indispensable, prioritaire et primordial d’économiser le plus possible d’énergie et d’eau dans l’école. Et de rajouter, en visible toute bonne foi, que ça tombe bien (comme le ciel de mon illustration et son ramassis volant d’incohérences biscornues), puisqu’en ce moment même se déroule, en grande pompe, ça c’est moi qui l’ajoute, la COP 21. « Conference of the parties », ça veut dire. Même moi qui n’ai jamais appris l’anglais, mais le latin – n’en déplaise à notre ministre de l’éducation nationale qui n’était pas née quand l’apprentissage de la langue dite internationale n’était pas obligatoire – j’ai compris.

J’ai compris qu’on nous leurre, qu’on nous embabouine, qu’on nous mystifie, qu’on nous… prend pour des qu’on. Ah ? Ça ne s’écrit pas comme ça ? Ah ? Si je mets un « N » à la place du « P » de COP, c’est mieux ? Oui, mais COP, c’est plus mieux politiquement correct. D’accord ! Et puis ça fait bien de dire qu’au Bourget on est 147 COP’s, non ! Les copains d’abord ? Tiens, c’est vrai ça ! Les copains d’abord ; sauf que là, « le capitaine et ses mat’lots, ce sont des enfants de salauds, des amis de luxe », tout le contraire des cop’s de l’ami Georges et que c’est nous qui naufrageons sur le radeau de la Méduse.

Tant que j’y suis, l’autre cop’s, le grand Jacques de Belgique (ben oui, je suis fan), sa Grand-Mère, à elle toute seule, elle me fait penser à la bande des 147…

Et puis deux n’iront pas sans trois : je terminerai ma ratiocination du jour en conviant  le troisième de la bande pour qu’il chante ma conclusion.

Walter Wick,
Vois-tu ce que je vois ? Contes de fées

Éditions Millepages, 2006


© Martine – 02 décembre 2015 

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