Le siècle meurt

II y eut le vol bas de l’épouvante
le tremblement de la terre et du ciel

Dans l’ombre des couteaux
l’homme quêtait l’arche d’une embellie

(Terreur sur les confins
charmer à la lisière de la nuit
les fleurs de sang la main coupée)

II y aura toujours
ce pan de suie et de douleur
incurable blessure

Et de l’espoir jadis d’un jardin immortel
où fleurirait la nudité du corps et de l’esprit
il ne reste que cendre

sang pus sanie
crasse rouille et gangrène
silence noir après l’embrasement

Le siècle meurt
un vent mauvais disloque l’héritage

Jean Joubert, Etat d’urgence, Fin de siècle
© Editinter, 2008