Les conférences du Professeur Taurus

Nous allons, en ce mois onzième de l’an, nous occuper de quelques reptiliens dont, dit-on au Danemark, « les plus dangereux sont couverts des plus belles peaux« . En France, c’est la peau de vache – du mamellifère dont nous avons étudié récemment les particularités – que nous avons coutume d’évoquer.

Une vache ne change pas de peau, alors qu’un reptilien le fait. Mais dans les deux cas, ils ne changent pas leur nature, comme l’affirment les Géorgiens. C’est aussi ce que chantait l’ami Georges qui avait fait supprimer l’accent aigu, parce qu’à Sète, c’est plutôt l’accent chantant.

Il y a fort à parier qu’une peau de vache (remarquez, messieurs, qu’on ne dit pas une peau de bœuf) le sera pour le restant de son existence, alors qu’une peau de serpent, elle, change à chaque mue.

En revanche, l’une et l’autre, servent parfois de couverture de livres. Comme celui-ci. Vous pouvez observer que la première est de peau de vache et la quatrième de peau de serpent.

Le relieur est un certain Cortázar. J’ai demandé à mon assistante, Mademoiselle Dithyrambe, d’effectuer des recherches sur cet inconnu personnage, mais – pardonnez son innocence scientifique – elle s’est surtout attardée sur la biographie étymologique  de l’homme de l’art. Elle en a déduit que c’est un « bref-concours-de-circonstance » qui a conduit ce brocheur à emprunter la couenne de deux espèces différentes pour élaborer un maroquin tout à fait étrange.

La singularité de cet ouvrage ne réside pas seulement cependant dans sa couverture : ouvrez-le.  Comment, vous ne voyez rien ? – Mademoiselle Dithyrambe, pouvez vous apporter une montre, s’il vous plaît ? – Merci – Heu, je vous ai demandé une montre, pas un ectophyte visqueux ! – C’est une montre, affirmez-vous ? – Elle indique l’heure ? – Ah ! elle dit qu’il va être trois heures dans trente secondes !

Chers étudiants, comptez jusqu’à trente et ouvrez le livre….

livre ouroboros

Comprenez-vous enfin pourquoi l’objet de mon étude du mois onzième concernait les reptiliens ?

Je vous remercie de votre attention.

Votre dévoué Professeur Taurus


© Martine – 21 novembre 2015 

 Écri’turbulente sur FB

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 C’est de qu’est partie mon inspiration, qui en ce mois onzième, n’était pas particulièrement féconde !

12 réflexions sur “Les conférences du Professeur Taurus

  1. Cher professeur Taurus
    Vos conférence m’enthousiasment , votre érudition m’émerveille
    Nulle part on ne traite des sujets sur le peau aux roses aussi fouillés

    Du coup je m’interroge : peau d’âne était elle une peau de vache elle aussi
    Et la peau de chagrin ? Une peau de chat ou de vache ?

    Vivement décembre

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  2. J’ai ri ! en éclat ! le plus dangereux une peau de vache ! le ton est donné ! je t’informe toute fois que me rapprochant de mon passé pour mieux me pencher sur mon avenir comme l’a suggéré jobougon, le surnom d’un taureau en string est une vache folle ! Merci de cette organisation sans faille et de cet humour « malgré tout »
    Bises

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  3. Je rebondirai benoîtement et en toute bonne foi histoire de casser un peu les noisettes de ceux qui comme A de L petit « l » N persistent à briser menu et méthodiquement de la peau de vache sur les écailles de serpent en risquant une critique absolument et totalement injustifiable sur la rampante situation des peaux de mues abandonnées par les muants au bénéfice (la critique) de ces oiseux rares à la plume douce-agile. Aucune comparaison noiseuse ne me fera dire des choses regrettables au sujet de l’œil reptilien archaïque et primaire qui pique aux endroits déchirés pour y remettre un peu de langue fourchue histoire de noyer un peu le poisson.
    Et si le poil de louve à ne pas épiler à la pincette était l’objet de toute cette pression, je me permettrais de rajouter : Vous n’avez qu’à vous laisser pousser les horaires de train. Poil à la gare d’Auster comme Paul et Liszt comme le pianiste à cordes horizontales !
    Non d’une bougonnerie bougonnante, nan méééhhh !

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  4. Cher Professeur Taurus, comme vous le faites si bien remarquer, peau de vache ne rime en rien avec couenne de taureau : votre patronyme pourtant arbore à l’évidence cette étymologie latine, inutile de nier, poil au nez comme le souligne à juste titre notre autre scientifique de service à l’œil bleu reptilien (je la soupçonne de faire partie des ouroboros), serpent muant, écailles sèches et vides sans vie, beurk, les plumes sont si belles en comparaison, voyez celles du Dodo dodu dément. Bref, en un mot comme je sens, l’heure n’attend pas le train qui démarre et ne se mord, je ne vous le fais pas dire. Votre consœur qui persiste et signe nonobstant.

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    1. Paléozoologiquement parlant, l’écaille, la plume, le derme et le poil sont très très proches cousins. D’ailleurs, rien de plus proche d’un dinosaure qu’un poulet plumé et peint en vert (à part quelque politiciens d’ici ou d’ailleurs, mais c’est une autre histoire)
      .

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  5. Taurus se penche ici sur un sujet de conférence passionnant.
    Ce qui me fait dire que couenne tannée de mamélliffère épilé vaudrait couenne tannée d’ouroboros écaillé ? Voilà qui permettrait au lecteur de ne plus avoir à se préoccuper du sens du poil, poil au nez !
    Riche de symbolisme l’animal !!!… (Le serpent, hein ! Pas le nez…)

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  6. Merci professeur Taurus
    Convaincue désormais, et définitivement que l’habit ne fait pas le gentil, à l’avenir je me méfierai de nos blondes d’Aquitaine, peaux de vaches en herbe, et irait tester serpents en toute confiance.
    Tout de même, subsiste un doute, à quoi puis-je reconnaître, lorsqu’un serpent traverse ma route, si à ce moment-là, celui-ci est vêtu de peau douce ou de peau de vache?
    En bref, dois-je le caresser dans le sens du poil?

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    1. Chère consœur,
      Les Cambodgiens disent : « Saisis solidement le cou du serpent, de peur qu’en se retournant il ne te morde »; quant à moi j’ajouterai qu’il vaut mieux vous assurer que l’animal soit de bon poil avant toute investigation hasardeuse !
      Votre très dévoué Professeur Taurus

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  7. Le mois onzième est donc un ouroboros…. ou alors c’est le moment où l’année ourobourrique se mord la queue ? en tout cas, le professeur Taurus démontre une fois de plus qu’il n’y a pas de h[Cort]azar[d] !

    Aimé par 3 people

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