Mémoire du 13 novembre 2015

Chaque matin de cette semaine je publierai
un poème en hommage aux victimes,
à toutes les victimes dans le monde,
des fanatismes,
des terrorismes,
des barbaries humaines.

S’il vous dit de participer, vous êtes les bienvenus. Sur une journée, sur plusieurs, sur la semaine… À votre gré. Simplement, laissez-moi le lien de votre publication pour que je m’en fasse le relais. Et si vous ne tenez pas un blog, il suffit de déposer le poème de votre choix en commentaire, en bas de ce billet. (Je censurerai sans préavis, évidemment les indécences et les inconvenances).

Lundi 16 novembre : Hubert HaddadHUBERT HADDAD

Mardi 17 novembre : Henri Michauxmichaux-1

Mercredi 18 novembre : Pablo NerudaPABLO NERUDA

Jeudi 19 novembre : Katerina Anghelâki – RookeKaterina Anghelaki - Rooke

Vendredi 20 novembre : Yannis Ritsosyannis ritsos

Samedi 21 novembre : Maram al-Masrimaram_al_masri-620x412

34 commentaires

  1. Dit de la force de l’amour

    Entre tous mes tourments entre la mort et moi
    Entre mon désespoir et la raison de vivre
    Il y a l’injustice et ce malheur des hommes
    Que je ne peux admettre il y a ma colère
    Il y a les maquis couleur de sang d’Espagne
    Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
    Le pain le sang le ciel et le droit à l’espoir
    Pour tous les innocents qui haïssent le mal
    La lumière toujours est tout près de s’éteindre
    La vie toujours s’apprête à devenir fumier
    Mais le printemps renaît qui n’en a pas fini
    Un bourgeon sort du noir et la chaleur s’installe
    Et la chaleur aura raison des égoïstes
    Leurs sens atrophiés n’y résisteront pas
    J’entends le feu parler en riant de tiédeur
    J’entends un homme dire qu’il n’a pas souffert
    Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
    Toi que j’aime à jamais toi qui m’as inventé
    Tu ne supportais pas l’oppression ni l’injure
    Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre
    Tu rêvais d’être libre et je te continue.

    Paul Eluard

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    1. Bonjour, Après quelques péripéties dues à un probable bug de la plate-forme, je suis arrivée à déposer votre bouquet-poème au pied du mémorial. Je vous en remercie.

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  2. Révolution II ( achevé une semaine avant le vendredi 13 novembre 2015 )

    Les temps sont venus d’abolir la beauté et je préfère hurler Voilà qu’on décapite. Jeunesse haïe foulée aux pieds et mise à nu Quand je pleure sans espoir de naissance nouvelle tendresse en berne mes gestes sont en jachère et mon poète est mort

    Les rideaux sont tachés de soleil fenêtre qu’on laisse fermée dans le bruit indécent un enfant va mourir et la révolte vibre sur mes réseaux J’allume j’éteins puis y reviens le désespoir comme drogue la cigarette m’accroche l’orage ne m’émeut plus

    mais j’occulte mon cauchemar et suis sourde au éclairs je sens la pluie je sens celle de ma dernière nuit de ma dernière rose Ici on ne voit plus personne sourire Personne ne s’embrasse l’amour comme l’arbre est mort je me suspends aux branches

    quand dans l’avenue ces paulownias cette musique de cinquante ans monte sans m’exalter Je n’ai pas pu hier descendre me battre dans la rue c’était l’ indifférence devant des anges en danger mais comment croire aux cruautés Oui j’abolis mon écriture

    Je veux choisir la vie comme ils choisissent la beauté ceux qu’on veut faire mourir mais il faut d’autres armes que celle du stylo et j’abomine les frappes Je fixe mon écran et dans les yeux de ces enfants je vois que passent les heures

    Passent les jours douleur des parents et nos cris dans les rues Par peur du silence nous livrons nos chansons et les crachons aux gueules des bourreaux pour abolir encore la beauté la joie possible et tous les as de nos cartes

    A la place de la musique j’entends le bruit du crash explosion morts à répétition je vois les boites noires Fil d’une actualité que je vomis les yeux me brûlent je ne suis plus enfant du siècle et j’ai vieilli

    Economie à faire de mon écran belle promesse il y a toujours la guerre comme la pluie et la boue Mais l’eau ne lave même plus le sang et c’est sur les cimetières qu’on compte pour s’inspirer Hier j’ai acheté un carnet rouge que je dédie à tous ces morts

    Je vis tous le instants comme on vit l’aube à son éveil Je recule mon sommeil grâce au bruit de mes mots offre mes insomnies pour leur rédemption Et si je n’écris pas je me rends au jardin m’assois au pied des arbres mes larmes sont rosée

    J’offre mon identité pour leur renaissance et changerais de peau pour leur donner la mienne Pour les enfants de mes enfants soumis à toutes ces tortures j’écris désespéré La haine est sans limite quand ma page est petite Je me demande si je suis libre

    S’il faut un incendie pour devenir phénix offrir des pierres fumantes au peuple sans maisons hurler cette fois de joie Mon texte se fait chanson pour célébrer la joie d’une nouvelle époque Je nous console ici des morts à venir France Burghelle Rey ©

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  3. Nous avons charge de clairière

    A Caroline et Elodie (24 ans)
    assassinées au Bataclan le 13 novembre 2015

    Un automne détourné vous aura emportées
    Vous n’aviez pas atteint le plus vert du printemps

    Mais quand on vous croirait
    Au sol
    jonché de feuilles crépusculaires

    Un brin d’herbe déjà
    S’empare de vos prénoms

    Bien au-delà des larmes et des mots de colère
    Nous vous prononcerons

    Nous avons charge de clairière

    Etienne Orsini
    Le 15 novembre 2015

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    1. Merci Valentyne. Ce sera sans doute le dernier bouquet-poème que je déposerai, cette semaine au pied de notre mémorial ! Je suis très impressionnée par l’écriture de Mahmoud Darwich. C’est bien que sa voix résonne avec celles de tous ceux que nous avons choisis. Quelle belle richesse !

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  4. QU’ILS PÉRISSENT ! *

    de Salah Al Hamdani

    Il n’y a plus de dialogue – mystère
    plus de parole subtile
    après le vide laissé par les tueurs
    il pleut sur mon âme

    Ceux qui ont bavé sur le sacré
    qui assassinent les hommes
    qu’ils périssent !

    Un vent ravage le corps
    l’argile où patauge le fleuve
    tout le pays se prépare à en finir avec le tortionnaire
    un peuple passe au crible des fossoyeurs
    et Dieu amasse les enfants mutilés en son nom

    Ceux qui égorgent les hommes
    pour nourrir leur combats
    qu’ils périssent !

    Sur mes brouillons jetés dans l’ombre de la nuit comme des bris de miroir, je distingue des reflets : une terre déportée, des dunes à genoux, un vertige, la moitié d’un mot qui détient un secret, l’infini sans attache, les cendres d’une forêt, l’énigme de la parole qui supprime le geste, un désert où pourtant les pieds ne s’enfoncent pas, fleuve orphelin, exilé sans écho, dévisagés par des hommes rapaces. De longues rivières qui hantaient ma jeunesse, un fragment à peine visible dans les guerres, un vol de cigognes, des caravanes figées dans l’instant.

    Un sentiment étrange s’empare de mes écrits
    Les morts m’entourent
    Même les hirondelles ont fui la parole
    Comme avant, encore, ma présence manque
    sur la rive de l’Euphrate

    L’accomplissement de soi
    ces mots sans profondeur
    ce vide comme la peur
    qui ne veut pas se dissiper…

    Alors que la nuit laisse aller l’ombre
    comment nommer l’oubli devant moi ?

    Avec le récit
    Le battement du langage
    comme la défaite du jour et le défi, je vous crie :
    qu’ils périssent !

    Il y aura encore tellement d’aubes
    et d’amours immenses
    qu’il suffirait d’un geste de lune sur tes palmiers
    pour que le phare des bédouins survive
    malgré la hache et la mutilation

    Surtout ne pas fuir
    car mon hennissement vers toi Bagdad
    te dira encore :
    qu’ils périssent !

    Paris le 1er juillet 2004

    * Extrait du recueil Bagdad ciel ouvert, Editions Le Temps des Cerises 2014.

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    1. Bonjour, Je vous remercie d’avoir déposé un bouquet-poème sur le mémorial virtuel du 13 novembre. Je l’ai publié à part entière, dans le florilège des mots que je constitue avec mes amis blogueurs depuis dimanche (https://ecriturbulente.com/2015/11/16/memorial-poetique-13-novembre-2015/). Je suis très honorée de votre présence parmi ces hommes et ces femmes poètes qui, de tout temps, ont choisi l’encre plutôt que le sang. Merci.

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  5. Bonjour,
    Très belle idée.
    J’ai reposté un poème sur les enfants soldats, c’était pour le 11 novembre dernier.
    Si vous le voulez, je vous joins le lien.
    http://www.covix-lyon.net/2015/11/c-etait-hier-c-est-aujourd-hui.html;

    & ce jour.
    Les coeurs saignent,

    Les âmes sont en peine,

    De partout, viens la chaleur,

    Il y a aussi des frères et soeurs,

    À Beyrouth, au Kénya qui pleurs,

    Unissons nos coeurs.

    B.Cauvin©17/11/2015

    Aimé par 1 personne

  6. Bonjour Martine
    Merci pour ce mémorial.
    Je ne suis pas une lectrice habituelle de poèmes.
    Aujourd’hui, j’en lis, j’en relis.
    Une émotion nait à travers ces lectures; je parcours des mots de poèmes, des poèmes de mots, je suis bouleversée.

    Aimé par 2 personnes

      1. Je vais essayer ma Tine chérie, j’y ai pensé de suite mais demain j’ai les Plumes, je suis en mauvais état mais promis je vais essayer, pour toi ! Si j’étais en forme, j’aurais demandé à la « planète poésie » de le faire !!! Mais là je me traîne…

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