Tout ce qu’on ne sait pas dire
Le cœur échoué
Par les grands fonds de solitude
Les peines qu’on élude
Mais le sourire
Plus frais qu’un bol de rosée.

Une minute de vie
Au bord de la fontaine
Vaut toutes les aventures
Sur les océans de la terre

Je connais les marins
Les durs jurons du malheur
Nulle amertume n’est aussi profonde
Qu’un souvenir muet sous la lampe

Murs de mon existence intérieure
Pour une larme d’amour je réfute l’enfer
Pour une seule étoile je veux vivre
Pour un seul jour posé sur ma table
Comme une main usée.

Hélène Cadou
Cantate des nuits intérieures, 1958
Éditions Bruno Doucey, 2012