Conférence octobrienne du professeur Taurus

Nous allons aujourd’hui explorer un organe inconnu de bon nombre de nos proches : la cervelle, qui n’est autre que la femelle du cerveau. Celle qu’une éminente consœur, la Professeure Jacou m’oblige à creuser en ce dixième mois de l’an pour le compte du groupe collaboratif de l’Agenda Ironique. Elle m’a proposé quatre textes desquels je suis censé extraire une substantifique moelle-de-mamellifère-sur-tranche-de-pain-grillé-avec-fleur-de-sel-saupoudrée. Pour comprendre ce qu’est la moelle-etc-saupoudrée, je vous engage à vous  procurer le texte de ma conférence septembrienne sur les mamellifères.

Nos sujets d’étude seront un bâtard, une prénommée Fatima, un garagiste, un chef de gare, un groupe de touristes américains, une escouade de pompiers,  un couple de Richard lambda et une comtesse. Cet échantillon volontairement choisi pour la diversité de ses individus nous conduira à lever le voile sur la fonction de cet attribut.

La question sera d’étudier quel est l’endroit le plus adapté pour la poser.
La cervelle. Pas la question.
Les avis sont très partagés. Ainsi William Shakespeare, reprenant Démosthène, la situait-il dans les talons ; la Marquise de Pompadour dans la poitrine ; Simone de Beauvoir au bout de la queue ; Jules Romains dans les fesses.

Ce sont les touristes américains qui ont corroboré les hypothèses des deux premiers supputatifs, mais quelle ne fut pas notre surprise de trouver à ses côtés un autre organe vital, je veux ici parler de l’estomac. Logique. Les yankees  avaient été affamés pour les besoins de notre recherche.
Le bâtard, quant à lui, ne pouvait qu’attester, après enquête ADN, que son père, même inconnu, avait la cervelle au bout de la queue et sa mère dans la poitrine. Que communément on appelle robert. Ce qui soulève une intéressante  conjecture quant à l’identité du géniteur.
Madame la Comtesse l’avait placée sur la partie postérieure, dite fessue, de son anatomie, cette cervelle. Parce qu’elle ne voulait pas la poser sur n’importe quel siège et surtout pas sur celui des Richard, qui étaient pauvres comme Job, pas vraiment prophylactiques et qui n’avaient aucun respect pour les mamellifères qui fournissent d’aussi succulentes cervelles au beurre noir que les yeux pochés pareillement accommodés.
Parmi notre panel de pompiers, nous avons pu constater que certains l’avaient complètement brulée. Calcinée. Ceux qui n’étaient pas atteints, avaient pu extirper le plomb de celle du garagiste qui souffrait de saturnisme (maladie contractée antécédemment à la suppression du cristallogène Pb 82 dans les carburants).
Fatima et le chef de gare, oserais-je le dire, n’en avait point ; sans que l’on puisse affirmer avec certitude que leur caillou-chou-hibou-genou-bijou-joujou-pou  souffrait du syndrome de l’X fragile.

Nous conclurons donc cette conférence en émettant l’hypothèse que le cerf vaut mieux que deux tu l’auras surtout s’il est volant. Nous terminerons avec une citation d’un poète célèbre : pendant que la biche brame au clair de lune, le cerf pète au fond des bois.

Je vous remercie de votre attention.

© Martine – 04 octobre2015 

Texte extravagué pour l’agenda ironique, avec l’aide de mon assistante Mademoiselle Dithyrambe.

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