Werner Lambersy, Petits Rituels Sacrilèges

Werner Lambersy, Petits Rituels Sacrilèges, Éditions de L'Amourier, 1997
Werner Lambersy,
Petits Rituels Sacrilèges,
Éditions de L’Amourier, 1997

Le titre de ce très court ouvrage donne le ton. Werner Lambersy considère ici douze de nos rituels humains, ceux qui rythment certains instants de nos vies. Tour à tour il examine les funérailles, les épousailles, les victuailles, les relevailles, les jouvençailles, les fiançailles mystiques, les retrouvailles, la merveille, la conscience, le couple, les hommes & les femmes, et termine son inventaire par l’éveil. Cette énumération de protocoles conventionnels semblerait à priori rébarbative si l’auteur n’avait pas pensé à mettre son grain de sel sous diverses formes d’apophtegmes. J’ai voulu éviter « sentence », pour que ne se glissent insidieusement entre les lignes les termes de « affecté, cérémonieux, déclamatoire, doctoral, dogmatique, emphatique, gnomique, grandiloquent, grave, maniéré, pompeux, pompier, pontifiantproverbial, prudhommesque, révérencieux, solennel, soufflé, tranchant « , dont vous trouverez le sens si vous cliquez sur le mot. Parce que les propos de Werner Lambersy ne jouent pas dans cette cour.  Parfois persifleurs, parfois caustiques, et toujours poétiques. Il ne faut pas oublier que, même prosaïque (qui relève de la prose), l’écrivain est un poète. Et qu’il n’a pas besoin de césure, de rimes et de vers pour que la mélopée des mots atteigne son apogée.

Vous ai-je dit que Monsieur Werner Lambersy est mon poète de cœur de l’année ? (Ceux qui ne le savaient pas peuvent se référer à la colonne « deux » de mon blog, à droite, qui, de la rencontre expose mon enthousiasme). Il est aussi entré dans mon répertoire de prosateurs préférés.

Quelques morceaux choisis 

Qu’aux poètes on arrache la langue, qu’on la réduise en poudre, pour la mêler à l’encre de tous ceux qui ont fait usage des silences du papier (des funérailles).

Qu’on plante un jeune arbre dans ce sol bientôt fertile. Il parlera au vent pour ceux que le souffle aura abandonnés (des funérailles).

Pour les soirées du souvenir, contentez-vous de compter le plus grand nombre possible d’étoiles. Votre patience ira diminuant, n’y voyez aucune faute. Simplement la distribution des rôles se poursuit (des funérailles).

Il n’y a de vérité que peau à peau (du couple).

On fait de l’amour qu’on porte [aux pauvres] un moyen inévitablement égoïste de son propre salut (de la conscience).

© Martine – 26 septembre 2015 

 Écri’turbulente sur FB

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4 réflexions sur “Werner Lambersy, Petits Rituels Sacrilèges

    1. Il y a, entre la poésie et les mots de Werner Lambersy et moi, quelque chose qui touche à mon intime que je ne sais pas vraiment définir. Quelque chose d’irrationnel qui me fait vibrer sans que je sache moi-même vraiment pourquoi.
      Tu vois, cet extrait : « Qu’aux poètes on arrache la langue, qu’on la réduise en poudre, pour la mêler à l’encre de tous ceux qui ont fait usage des silences du papier« , résonne singulièrement dans mon imaginaire.
      Un autre de ses recueils, que je chroniquerai un de ces moments, « Échangerais nuits blanches contre soleil même timide« , me fait souvent penser à toi (non, non, pas en raison de tes insomnies).

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