Conférence de Monsieur le Professeur Taurus,

né entre le 20 avril et le 20 mai de l’année que l’on voudra.

La vache est un mamellifère non mellifère, à ne pas confondre avec les lamellifères qui appartiennent à la famille des polypiers ; ni avec les lamellirostres, de la famille des palmipèdes. Pour distinguer la vache de ces deux espèces, il est important d’examiner certaines caractéristiques de sa nomenclature taxonomique. En conclusion, nous reviendrons sur ce dernier terme.

  1. Différence entre les mamellifères non mellifères (vous ne me feriez pas l’injure de confondre une vache avec une abeille) et les lamellifères.

L’erreur est fréquemment commise, car la vache a plusieurs pieds, quatre pour être très précis. En ce sens, on pourrait affirmer que l’animal est un polypieds ; poly étant issu du grec ancien πολυ-, polu-, de πολύς polús, qui signifie « beaucoup », et pieds, du latin « pedem », dont   certains ignares ont tiré le terme « pédant », alors que la vache n’est pas du tout prétentieuse. Je dirais plutôt qu’elle est pétant-chieuse. Qui pourrait prétendre que la vache possède beaucoup de pieds, puisqu’elle n’en a que quatre ? D’autant plus que, dans le langage courant, ces pieds se nomment des pattes. En outre les polypiers sont des squelettes cornés, ce qui accroît le risque de confusion, car la vache est aussi un animal souvent corné. Mais elle ne se trouve qu’à l’état de squelette, à l’opposé des polypiers, qu’après être passée par le tamanoir – excusez mon lapsus – le laminoir, voulais-je dire, de notre voracité. Je ferai une petite digression pour vous rappeler que l’orthographie de ce mot est inadéquate : l’enfant de la vache s’appelle « veau » ; nous devrions donc écrire ce terme « veauracité ». La réforme de l’orthographe étant passée par là, il semblerait que les très jeunes apprenants ne soient pas en capacité de comprendre l’origine de ce terme et que le son [o], qui a différentes  graphies, s’en est trouvé réduit à sa plus simple expression scripturale. Parenthèse fermée. J’en étais donc à vous expliquer, preuves à l’appui, qu’il est complètement incongru de confondre la vache avec un lamellifère.

  1. Différence entre les mamellifères et les lamellirostres.

Je me dois d’attirer votre attention, que je trouve, à ce moment de ma conférence, plutôt flottante (et pourtant les vaches, qui deviennent des bœufs à leur mort,  possèdent aussi des côtes flottantes avec lesquelles on fait de délicieux pot-au-feu), je me dois, disais-je, de réactiver vos connexions. D’abord, je n’ai jamais affirmé que la vache, même quand elle est bœuf, est un mamellirostre. Alors ne cherchez pas à discu-tailler dans le vif du sujet. Il faut d’abord que l’animal soit passé par ce que l’on nomme vulgairement l’abat-toir (à ce propos, je vous conseille vivement de goûter l’un des abats de son enfant que l’on désigne sous le nom de « ris de vo » – puisqu’il faut l’écrire ainsi – que les dames enjuponnées de la cour appréciaient tout particulièrement, croyant à tort que le dit abat était extrait – « traire hors de », ce qui est cohérent avec la capacité des seins de l’animal, que l’on nomme, au pis-aller, mamelles (d’où le nom attribué aux espèces de cette engeance) – que les dames de la cour, oui, pensaient paradisiaques, heu… aphrodisiaques, ce qui n’est pas toujours la même chose. Mais revenons à nos moutons, enfin… à nos mamellifères (qui peuvent être aussi des ovins, rouges, blancs ou rosé. Mais je préfère un bon rouge pour accompagner les ris). Les lamellirostres ont un bec, or la vache n’est pas un lièvre (que d’ailleurs vous ne parviendriez pas à soulever, puisqu’elle pèse en moyenne un quintal et demi). Les lièvres, en général, n’ont pas de bec, les lamellirostres, si. Ces derniers pourraient être considérés à tort comme des polypiers, puisqu’ils ont deux pieds-pattes. Je ne vous ferai pas l’offense de vous rappeler que la vache n’est pas un polypier, nous l’avons déjà démontré. Pour différencier les mamellifères des lamellirostres, il suffit de prendre deux spécimens et de les jeter à l’eau. Celui qui déploie au bout de ses pieds/pattes des palmes, vert fluo, et se munit d’un tuba de la même couleur n’est pas un mamellifère.

En guise de conclusion, je terminerai par une contre-définition du terme taxonomie, ainsi que je vous l’avais annoncé. Ce ne sont pas les taxis que les vaches regardent passer : elles préfèrent, en compagnie des éléphants, assister aux courses de formule 1.

Je vous remercie de votre attention.


Écrit, avec jubilation, pour l’agenda ironique, conduit en ce mois de septembre de l’an 2015, par Anne de Louvain-la-Neuve. Le thème est présenté ici.

Pour suivre l’avancée des cogitations de tous les participants, c’est ici.

Les comm’ sont très savoureux : ils sont à lire 😀

© Martine – 03 septembre 2015 

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