Hubert Haddad, Clair venin du temps, Éditions Dumerchez, octobre 1990
Hubert Haddad, Clair venin du temps, Éditions Dumerchez, octobre 1990

Je vis dans un pays tranquille
où les assassins meurent innocents
Ne me parlez pas de la guerre ou du sang
Je vis dans un pays fragile
où les enfants naissent hors du temps
comme des statues que sculpte le vent
Laissez refluer le bel océan
Je vis dans une ville languide
où les passants sont déjà passés
où bien des maisons sont inoccupées
où les tuiles éclatées tombent très lentement
Effacez de vos guide la cité sans guide
Je vis solitaire en terre évidée
Toute heure est un rêve par moi commencé
Objets je vous tiens comme des idées
Humains vous irez mourir exilés
Seuls les oiseaux passent mon pays
Et la ville où je vis n’a qu’un seul habitant
qui dort nuitamment quand je suis éveillé
et qui veille à son tour mon sommeil étonné
Je vis solitaire en terre bannie
Ne vous souciez pas de mon corps enfoncé
Prince deviendrai avant toute fin
dans l’empire double que l’aube évapore
Prince descendrai au fond du pays

Hubert Haddad, Clair venin du temps, Éditions Dumerchez, octobre 1990

Un autre poème, extrait du même recueil, ici

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