Dimanche en poésie : Maurice Carême

Marcel Bascoulard (10 février 1913 - 12 janvier 1978) -
Marcel Bascoulard (10 février 1913 – 12 janvier 1978) –
 » Rive de l’Auron, Le Pénalty et societé Cochet «  – dessin à la plume de Mars 1958

Que la vie soit un songe…

Que la vie soit un songe,
Qui songe à le nier !
Mieux vaut passer l’éponge
Sur la réalité.

D’ailleurs plus on y songe,
Plus on se sent berné.
Que la vie soit un songe,
Qui peut s’en étonner !

Les dieux cachés dans l’ombre
Nous regardent tourner
Tels des chevaux à la longe.
Ah ! qui pourrait le nier
Que la vie soit un songe !

Maurice Carême, Du ciel dans l’eau, Éditions L’âge d’Homme, février 2010

Maurice Carême, Du ciel dans l'eau,  Éditions L'âge d'Homme, février 2010.
Maurice Carême, Du ciel dans l’eau,
Éditions L’âge d’Homme, février 2010.

C’est au Marché de la Poésie, le 14 juin 2015, Place Saint Sulpice à Paris, que j’ai rencontré Jeannine Burny, qui fut la secrétaire de Maurice Carême, et aussi sa compagne. Pour elle, il a écrit La Bien-Aimée. Cette touchante vieille dame m’a narré la vie de son grand amour, avec force détails. Elle m’a parlé de sa poésie avec émotion.Merci à elle.


Marcel Bascoulard
Marcel Bascoulard

Et c’est à La Halle Saint Pierre, au cœur de l’exposition Cahiers Dessinés, que j’ai découvert une partie de l’oeuvre de Marcel Bascoulard, né dans le Cher, le 10 février 1913. Adolescent, il assiste au meurtre de son père par sa mère et, très vite, devient clochard. Il déambule dans les rues de Bourges et, autodidacte au talent miraculeux, il les dessine sur le motif, de façon réaliste et systématique, quarante ans durant. Admiré et réprouvé, asocial et excentrique, il n’hésite pas à s’habiller en femme, dans des robes qu’il confectionne parfois lui-même. De ses rues dépeuplées et de ses larges perspectives émanent une sorte de vertige réaliste, une intense poésie. Certains de ses motifs font songer aux grands maîtres de la gravure, par leur sens extrême du détail et la profondeur de leur espace. Il laisse des centaines de dessins qui témoignent d’une rare virtuosité avec parfois de surprenantes incursions dans l’abstraction ou dans la copie minutieuse de cartes géographiques.

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9 réflexions sur “Dimanche en poésie : Maurice Carême

  1. Du ciel dans l’eau, quel beau titre ! Quant à Marcel Bascoulard, je découvre aussi. Il me faut être honnête, je ne sais pas ce que j’aurais pensé de lui si je l’avais rencontré en vrai, mais quel destin !

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    1. Moi aussi, Anne, je pense que l’aspect de ce Monsieur m’aurait fait me détourner. Peut-être pas de l’humain (et encore !), mais de l’artiste auquel je n’aurais accordé qu’un regard circonspect. Cette exposition, ah oui, je l’ai aimée. Et pas seulement pour Marcel Bascoulard… Je continuerai à évoquer les rencontres avec certains des créateurs exposés dans galerie, dont le cadre – connais-tu ? – est particulièrement stupéfiant.
      Quant à Maurice Carême, ma visite au stand de la fondation qui entretient sa mémoire et celle de ses poèmes avait pour objectif de me défaire de l’image du poète pour « enfants de primaire ». Jeannine Burny (que je croyais être l’épouse) a su me convaincre. « Jamais, me disait-elle, il n’a écrit de poésies enfantines. Ce sont les enseignants et les enfants qui se sont emparés de ses vers ».

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  2. Marcel Bascoulard : illustre méconnu, donc… Artiste d’art brut si j’en juge par sa bio. Associal, on le serait à moins avec ce qu’il a vu et ce qui a du rester de lui après cela… Genre de personnage qui m’émeut, son talent vient sans doute de là, de ses tripes…

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    1. Art brut… art singulier plutôt (selon les définitions de Jean Dubuffet). Mais la frontière entre ces deux formes artistiques est si ténue !
      Je ne connaissais pas non plus Marcel Bascoulard, et c’est sa photo en pied qui a arrêté mon regard et attisé ma curiosité. Ce qui est exposé de son oeuvre témoigne d’une minutie extraordinaire. De l’ensemble ne transparaissent pas l’asociabilité et l’excentricité du personnage.
      Il a été retrouvé mort, assassiné, sur le terrain vague où il avait élu domicile (si l’on peut dire ainsi)

      Aimé par 2 people

      1. Je vais un peu chercher ce qu’il faisait cet homme-là. Je suis très fan de l’art brut, singulier et/ou premier. Quant à Maurice Carême, je l’adore, tout simplement et si l’on peut admettre ou trouver que ces poèmes sont enfantins, c’est plutôt positif car cela veut dire que la poésie qui nous touche si fort peut l’être aussi par les enfants. Quel magnifique compliment ! Ce n’est pas donné à tout le monde tout de même. Merci pour cette belle chronique…

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        1. Maurice Carême, me disait Jeannine Burny, sa compagne, n’a jamais écrit pour les enfants. Mais les enfants, aidés par leurs enseignants, se sont emparés de ses vers, au grand étonnement du poète. En désignant certains recueils, elle me parlait de « période dure », par exemple.
          À propos d’art brut, connais-tu le musée de l’art brut de Lausanne ? C’est un endroit magique !
          http://www.artbrut.ch/fr/21070/collection-art-brut-lausanne
          Merci d’être venue jusqu’ici.

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