Vengeance

Pas de pot pour la poule

Il va la soigner aux petits oignons, il va la passer à la casserole, il va la presser comme un citron, il va l’aplatir comme une crêpe, il va n’en faire qu’une bouchée…

Mais pour qui se prend-elle, cette poule de luxe qui ne marche qu’à la carotte avec son écrevisse dans le vol-au-vent ? Elle lui a fait manger la grenouille et il faudrait maintenant qu’il lui mange dans la main ?

Elle va très vite savoir de quel bois il se chauffe. (Tiens, à propos de bois, il faut qu’il allume un feu dans la cheminée et qu’il suspende le chaudron dans lequel il va préparer sa décoction. Et il faut qu’il se dépêche ; elle arrive demain soir, et le bouillon de onze heures doit être bien froid).

Elle a beau être chaude sur le potage, elle est quand même creuse comme un radis ! Elle lui a raconté des salades, elle va devoir payer ; il en a ras la soupière. (Tiens, à propos de soupière, il faut qu’il l’extirpe du vaisselier de grand-mère ; il va lui jouer le slow de l’homme à la banane, avant qu’elle ne découvre que les carottes sont cuites).

Bon, c’est pas tout ça. Quels sont les ingrédients indispensables pour lui faire manger les pissenlits par la racine ? Oignons, citron, carotte, écrevisse, grenouille, radis, salade… et, bien sûr, une poule. (Tiens, à propos de poule, il faut qu’il aille ramasser les œufs ; parce qu’on ne fait pas d’omelette, sans …

–  Tu veux des glaçons dans tes pensées ?
–  Des glaçons ? sursaute-t-il, en levant les yeux.
–   Ben, oui ! avec tout ce qui te trotte dans la tête, il faut qu’elle soit bien froide ta vengeance, minaude-t-elle.

© Martine – 20 juin 2015 

Les Impromptus Littéraires

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