Dimanche en poésie : Roberto Juarroz

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Roberto Juarrez, dixième poésie verticale, Éditions Corti, novembre 2012

 

J’en suis venu à rêver des mots.
Les mots ne me laissent pas dormir.
Ils me frappent de l’arrière du décor,
personnages subversifs
qui vont jusqu’à déchirer le rideau
pour sans cesse changer l’oeuvre.

Les mots n’attendent pas.
Jusqu’à quand dureront-ils ?
Ils sont comme des gouttes de sang
qui tombent sur le texte
et parfois même dans la marge.

Mais ils ne se contentent pas des figures du jour,
de la veille illustrée entre la vie et la mort.
Le texte est infini,
la marge l’est aussi.
Peut-être le texte devrait-il être dans la marge.

Le rêve est une région abandonnée
ou du moins disponible
à l’entrée nécessaire du verbe.

El texto es infinito
y también lo es en el margen

Roberto Juarroz, dixième poésie verticale, Éditions Corti – Ibériques, novembre 2012

10 commentaires

      1. Roberto Juarroz 🙂 je ne connaissais pas et ce soir en cherchant un peu j’ai trouvé ce poème ci dessous qui me plait aussi beaucoup :

        Nous avons aussi trahi l’eau.

        La pluie ne tombe pas pour cela,
        le fleuve ne coule pas pour cela,
        l’eau de la flaque ne stagne pas pour cela,
        la mer n’est pas présente pour cela.

        Une fois encore, nous avons perdu le message,
        les voyelles ouvertes
        du langage de l’eau,
        sa transparence infiniment palpable.

        Nous n’avons pas même su
        boire la transparence
        Boire quelque chose c’est l’apprendre.

        Et apprendre la transparence c’est commencer
        d’apprendre l’invisible.

        Aimé par 1 personne

  1. C’est magnifique, je l’avais lu ce matin en espagnol, où les mots sont encore plus forts, il y a des traductions qui omettent (ce n’est pas trop grave) des nuances, des demi-teintes… Je suis contente de m’y être remise ce mois-ci, il va falloir continuer, au-delà du « challenge »…

    Aimé par 1 personne

    1. Je ne suis pas suffisamment experte en espagnol pour saisir les nuances et les demi-teintes de cette langue (et des autres itou). Mais j’aime ces mots qui disent combien les mots sont beaux, et parfois tragiques.

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