wpid-wp-1433054772564.jpeg
Roberto Juarrez, dixième poésie verticale, Éditions Corti, novembre 2012

 

J’en suis venu à rêver des mots.
Les mots ne me laissent pas dormir.
Ils me frappent de l’arrière du décor,
personnages subversifs
qui vont jusqu’à déchirer le rideau
pour sans cesse changer l’oeuvre.

Les mots n’attendent pas.
Jusqu’à quand dureront-ils ?
Ils sont comme des gouttes de sang
qui tombent sur le texte
et parfois même dans la marge.

Mais ils ne se contentent pas des figures du jour,
de la veille illustrée entre la vie et la mort.
Le texte est infini,
la marge l’est aussi.
Peut-être le texte devrait-il être dans la marge.

Le rêve est une région abandonnée
ou du moins disponible
à l’entrée nécessaire du verbe.

El texto es infinito
y también lo es en el margen

Roberto Juarroz, dixième poésie verticale, Éditions Corti – Ibériques, novembre 2012