La route de Beit Zera, Hubert Mingarelli

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Hubert Mingarelli, La route de Beit Zera, Éditions Stock, janvier 2015.

Quatrième de couverture :

Stepan vit avec sa chienne quelque part en Israël dans une maison isolée près des bois. Il écrit chaque jour à son fils Yankel, forcé de se cacher à l’autre bout du monde. Il raconte ainsi sa vie de solitude et dit son espoir, un jour, de le retrouver. En faisant face à son chagrin, il se souvient de l’époque
où il contrôlait les Palestiniens aux postes-frontières, éprouvait de la haine, de la honte ou de la compassion.
Depuis quelque temps, un adolescent mystérieux lui rend visite et s’attache peu à peu à la chienne.
Livre de la paternité et de la transmission, il aborde la question de la séparation, celle d’un père et d’un fils mais aussi celle des peuples qui vivent avec les fautes commises par leurs aînés. Et dit, à hauteur d’homme, la vie quotidienne éprouvée par le conflit israélo-palestinien.

Je vais devoir me résoudre à ne pas me précipiter inconditionnellement sur chaque Mingarelli qui vient de bouger. D’accord, l’homme est de belle prestance, d’accord l’écriture est de belle facture. Si je n’ai eu aucun déplaisir à lire son roman tout frais publié en janvier 2015, je ne suis pas non plus tombée en pâmoison, comme ce fut le cas pour d’autres de ses textes. C’est le neuvième opus que je lis, signé de cet auteur, c’est dire que je ne suis pas une novice en la matière ! Jusqu’à l’avant-dernier, j’étais sous le charme.

Lorsqu’en 2014, il publie L’homme qui avait soif, j’écris mon enthousiasme, encore. Je reconnais avoir un peu forcé le trait. L’un de mes « diseurs » préféré a tout de même le droit de n’être pas excellent à cent pour cent.

Et voici La route de Beit Zera.

Tout y est de « la maison » Mingarelli : l’ambiance, la relation père/fils, l’absence de femmes, l’amitié, la solitude… les solitudes. Ici, il manque seulement les ressacs de la mer, qui trament le fond de la plupart des ses textes.

Mingarelli, le « causeux » (depuis 1991, il en est quand même à sa vingt-et-unième publication), convie, comme souvent, les « taiseux », dans ce roman.

J’ai aimé le silence des dialogues, la mutité des personnages, la résurgence des émotions arrimées dans la souvenance, comme pour faire obstacle à la rude et violente factualité.
J’ai aimé cette chienne vieillissante que chaque humain, à sa manière, accompagnera jusqu’à ses derniers moments.

Oui, j’ai aimé ce dernier Mingarelli.
Pas autant, cependant, que certains de ses précédents.
Un peu, comme s’il y avait un soupçon de burn-out. Comme si la plume s’était émoussée, à force de se frotter aux aspérités de la vie de l’écrivain. Comme si le souffle créateur avait perdu quelques de ses féconds frissons.

Du conflit israélo-palestinien, dont il serait question, je n’ai perçu qu’infimes fragments. D’aucuns disent que là est la force de l’auteur que d’avoir su évoquer, à fines touches presque indécelables, des hostilités qui jamais ne cessent. Mais Mingarelli est fidèle à lui-même : ce sont les hommes qui l’intéressent ; les évènements ne sont là que pour servir ses desseins que l’on pourrait qualifier de psycho-sociologiques.

Un roman où l’évocatoire prend le pas sur le descriptif.

2 réflexions sur “La route de Beit Zera, Hubert Mingarelli

  1. Depuis le temps que je le vois chez les « copines prescriptrices », il va falloir que je l’essaye (si c’est encore pour l’adopter, le chenil est plein !!! 😆 ).Je te demanderai quel est ton titre préféré de ce Monsieur…

    Aimé par 1 personne

    1. J’hésite entre trois titres…
      – Quatre soldats (un prix Médicis absolument mérité)
      – Hommes sans mère
      – Un repas en hiver

      Je me dis que le 3ème… peut-être….

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